Haut-Doubs. Les masques ne seront pas gratuits

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Désormais obligatoires dans tous les établissements du secondaire, les masques seront fournis par les familles

C’est officiel, les collégiens, lycéens et étudiants devront porter un masque dans les établissements scolaires.

Même si l’annonce n’a pas vraiment créé la surprise, elle a toutefois soulevé de nouveaux problèmes, notamment concernant l’approvisionnement en masques par les familles modestes, voire précaires. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a annoncé que la distribution de masques aux familles les plus démunies pourrait être envisagée, au cas par cas. Mais pour tous les autres foyers, les masques figureront désormais sur la liste des fournitures scolaires, au même titre que les cahiers et les stylos, et l’Etat n’aura pas à supporter cette charge financière. Depuis, le débat enfle, jusqu’à créer des tensions au sein-même de la majorité. En effet, le député LREM des Causses a affirmé au micro d’une grande chaîne d’informations nationale : “A partir du moment où les masques seront obligatoires à partir de 11 ans, il me semble important que l’État assure la mise à disposition de ces masques, non seulement pour des raisons de justice sociale mais aussi pour garantir une protection de notre jeunesse”.
Face à la décision de l’exécutif, plusieurs départements (pour les collèges) et régions (pour les lycées) ont réagi en distribuant des masques au public concerné, à l’image de l’Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse. Les Alpes Maritimes, les Hautes-Alpes, la Saône et Loire, le Tarn ou encore le Puy-de-Dôme ont eux aussi annoncé qu’ils fourniraient gratuitement des masques aux collégiens, du public comme du privé.
En Haute-Saône, 10 000 masques lavables trente fois seront livrés dans les collèges afin de palier les éventuels oublis des élèves et professeurs.
Si les régions et départements se mobilisent, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot a lui aussi regretté mardi que le coût soit pris en charge par les collectivités locales et non par l’Etat.Les annonces des collectivités créent un “pays éclaté, différencié dans les politiques publiques. Ce n’est pas ça la France, ce n’est pas ça la République une et indivisible”, a abondé le député communiste Stéphane Peu , de Seine-Saint-Denis. Diviser pour mieux régner ?

Des familles concernées

Qu’en pensent les principales intéressées, à savoir les familles ? Pour la très grande majorité de personnes interrogées, la non-gratuité est parfaitement normale. Gaëlle et Gabrielle, toutes deux mères de famille, ont le même discours : “Le masque est déjà obligatoire pour les plus de 11 ans depuis le déconfinement. Nous n’avons donc pas à attendre la rentrée pour en voir. De plus, les municipalités ont massivement donné des masques gratuitement, lavables et/ou jetables. Et enfin, il ne faut pas oublier que la prime de rentrée scolaire a été augmentée de 100€, ce qui devrait couvrir les frais supplémentaires engendrés par le port du masque.” Sandra, quant à elle, avance une solution : ” Je pense que L’État devrait obliger un tarif identique pour tout le monde, toutes les enseignes… et à un prix plutôt bas, sans gain sur la matière première.” Il est vrai que les prix varient fortement d’un magasin à l’autre et ont connu une flambée spectaculaire depuis le début de la crise. Désormais obligatoires un peu partout, en intérieur comme en extérieur, les masques devraient continuer à se vendre comme des petits pains et, sans véritable politique à ce sujet, se retrouver pour la plupart à même le sol. La gestion des déchets liés à l’afflux massif de ces masques jetables risque de devenir bien rapidement un enjeu sanitaire majeur.