Haut-Doubs. Les premiers Sapins. Une expo « Au fil du confinement »

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Les quatre artistes poussent le public à la réflexion après ce début d'année compliqué.

Tout le monde n’a pas vécu la crise sanitaire du printemps de la même façon. Pour certains artistes, ce fut l’occasion de créer en réalisant une véritable introspection. Un ressenti que quatre d’entre eux partagent aujourd’hui.

Créatrice de fresques et d’illustrations, Carole Renaud n’a pas cessé de dessiner pendant ces semaines si particulières durant lesquelles le monde s’est arrêté. Eclisse, c’est son nom d’artiste, avait besoin de partager son ressenti, ses émotions et ses colères aussi. Des croquis qu’elle a partagés sur les réseaux sociaux et qu’elle a décidé d’exposer pendant un mois aux Fermes d’Athose sur la commune des Premiers Sapins : « Parmi les dessins les plus marquants, je citerais celui représentant des vaches se trouvant dans un étang inondé de lait pour dénoncer les difficultés du monde agricole à écouler leur production ; celui également de la porte Rivotte à Besançon sous laquelle passe une tribu de lynx, une espèce fragile que certains n’hésitent pas à anéantir ; ou encore l’incendie de la Baraque, un lieu de rassemblement culturel dans ma commune…j’ai dessiné un phénix sortant des flammes pour donner une lueur d’espoir car les énergies déployées dans ce lieu existent toujours  ». Une autre de ses créations a fait le” buzz” malgré elle : la photo de deux enfants souriants portant des masques : « J’ai livré cette image brute pour inviter chacun à réfléchir au côté anxiogène de la situation et à souligner la formidable capacité d’adaptation des enfants ». Mais l’image a été reprise, sans sa signature et sans son accord, et a été utilisée par des partis politiques et des marques de produits pharmaceutiques qui ont non seulement volé l’image mais l’ont interprétée à leur façon, loin de l’intention originelle de l’artiste.

Pour exposer à ses côtés, Eclisse a fait a appel à trois autres créateurs. Francis Grandvoinnet, infirmier auprès de personnes en difficultés( psychiatrie, prison….), il exprime dans ses dessins et illustrations une certaine poésie qui incite à la réflexion. Jean-Christophe Polien,  photographe, a immortalisé l’hôpital Saint-Jacques déserté depuis quelques années. Enfin, Sabine Freytag, architecte à Lyon, a pris de nombreux clichés de sa ville endormie lors de la crise, depuis sa fenêtre comme lors de ses rares sorties. Des photos en noir et blanc dont une a d’ailleurs été reprise par Carole Renaud pour en faire un dessin. « Un clin d’œil pour souligner aussi la solidarité qui existe entre nous et la volonté de faire revivre le monde de la culture tout en faisant s’interroger les gens sur le monde d’aujourd’hui et celui de demain… ».

 

Infos pratiques : expo à l’atelier des Fermes d’Athose, ouverte jusqu’au 6 aout sur réservations. Deux créneaux disponibles: de 14h à 16h ou de 16h à 18h. Maximum 20 personnes à chaque fois. Port du Masque obligatoire. Réservations par mail sur eclisserie@outlook.com ou sur la page Facebook Carole Eclisse.