Haut-Doubs. L’intérim : première victime économique du coronavirus

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Après une baisse significative en mars et avril, le secteur industriel reprend son activité

Dès lors que le confinement a été déclaré le 16 mars dernier, les entreprises se sont majoritairement mises à l’arrêt. Premières victimes de ce confinement : les agences d’intérim et, par conséquent, les intérimaires.

Dès lors que l’annonce a été faite, les entreprises ont stoppé pour une grande partie les contrats d’intérim. Ainsi, dans la région, l’intérim perd près de 40% de ses effectifs, ce qui représente 15 700 emplois. Un chiffre qui vient en partie gonfler ceux de Pôle Emploi qui enregistre une hausse inédite en mai 2020 : à la fin de ce mois, la Bourgogne-Franche-Comté comptait 223 410 demandeurs d’emploi, un chiffre très important, inédit depuis 1996. Toutes les catégories de demandeurs d’mploi sont impactés (A, B ou C). La catégorie A, qui regroupe les chômeurs sans aucune activité, est la plus affectée. Elle a connu une forte hausse en mars et avril avant de doucement refluer en mai. Les catégories B et C empruntent le chemin inverse : ils ont connu une petite baisse en mars et avril avant de rebondir en mai. Ce sont surtout les jeunes de 25 ans et moins qui ont été le plus touchés. L’augmentation d’inscriptions dans cette catégorie d’âge a bondi de 17%. Une augmentation bien plus mesurée chez les seniors (plus de 50 ans) dont le nombre d’inscriptions a augmenté de 4% sur la même période. Pour résumer, en juin, l’activité en Bourgogne-Franche-Comté est 12 % inférieure à la normale, une nette amélioration par rapport à la situation du mois d’avril où elle fonctionnait à un rythme inférieur de 30 %. Cette reprise se manifeste notamment par l’augmentation des transactions par cartes bancaires dans les commerces et celle de la consommation d’électricité dans les entreprises.

Un soutien financier inédit en faveur des entreprises

Dans la région, plus de 57 000 entreprises bénéficient du fond de solidarité aux entreprises, pour un montant global de 155,6 millions d’euros. Des aides venues massivement soutenir les entreprises individuelles, à 58%. Ce fond est accordé sous conditions par l’État et les Régions aux entreprises ayant subi une interdiction d’accueil du public ou une perte majeure d’activité via une aide pouvant selon le cas atteindre 1 500 € voire jusqu’à 5 000 € pour les situations les plus difficiles. Outre ces mesures, les entreprises ont pu bénéficier du report de leurs échéances fiscales. Enfin, 19 900 prêts ont été accordés par l’État pour un montant global de 2,9 milliards d’euros. L’entreprise n’aura pas de remboursement à faire la première année et pourra échelonner les échéances sur cinq années. “La sortie graduelle du confinement a permis le rebond de la consommation et le redémarrage plus progressif de l’activité, explique l’INSEE dans une étude nouvellement sortie. En juin, la consommation serait « seulement » de 3 % en deçà de son niveau d’avant crise. L’activité resterait plus dégradée, de 12 % inférieure à la normale en juin. La production industrielle, notamment, pâtirait d’une demande internationale en berne et d’importants stocks à écouler. Certains services en revanche auraient vu leur activité se redresser nettement en juin (hébergement-restauration). Au deuxième trimestre, le PIB aurait ainsi diminué de 17 %, après – 5,3 % au premier. La dynamique de reprise amorcée en mai puis juin anticiperait une baisse du PIB d’environ 9 % sur l’année 2020.”