Haut-Doubs. Loray. Une lueur d’espoir pour la pie grièche grise

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La situation est grave mais pas désespérée. (Photo Claude Nardin)

Espèce protégée, la pie grièche grise est considérée en danger critique d’extinction en Franche-Comté. Heureusement, des actions semblent permettre d’inverser la tendance.

Le constat est sans appel : les effectifs nationaux de pie grièche grise ont chuté de près de 75 % en 15 ans. « Cet oiseau qui se nourrit principalement de campagnols et de gros insectes est tributaire des pratiques agricoles extensives offrant une diversité de milieux » soulignent les spécialistes.

Le secteur de Loray – Pierrefontaine-les-Varans fait toutefois figure d’exception puisque quelques couples y nichent encore régulièrement. C’est le constat fait par le Syndicat Mixte d’Aménagement du Dessoubre et de Valorisation du Bassin Versant, animateur agro-environnemental du site Natura 2000. Selon la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), cette préservation implique plusieurs efforts : éviter l’emploi de pesticides, limiter l’apport d’amendements chimiques et naturels, éviter l’emploi d’antiparasitaires et de vermifuges sur les troupeaux, privilégier les molécules à faible rémanence, conserver des éléments du paysage comme les haies, les arbres isolés, les bosquets, les buissons, maintenir et restaurer des prairies permanentes de haute qualité environnementale, entretenir de manière extensive les terrains en déprise agricole, et enfin conserver les zones humides et les pelouses sèches.

Le Syndicat Mixte d’Aménagement du Dessoubre et de Valorisation du Bassin Versant, en collaboration avec la LPO Franche-Comté a donc permis la création d’une zone prioritaire « Pie-grièche grise » sur les milieux bocagers des communes de Laviron, Pierrefontaine-Les-Varans, La-Sommette, Domprel et Loray), zone sur laquelle les exploitants agricoles ont pu contractualiser en 2016 et 2017, en contrepartie d’aides financières, des mesures favorables à l’espèce : entretien des haies et des bosquets, suppression de la fertilisation et ajustement de la pression de pâturage. Les premiers résultats confirmés par les observations sont donc encourageants.