Haut-Doubs. Maîche. Le facteur d’orgues à l’œuvre à l’église

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L'orgue de Maîche compte 1444 tuyaux.

Depuis quelques semaines, l’orgue de l’église Saint-Pierre à Maîche est aux mains d’un spécialiste, Gérald Cattin, en charge d’une opération de relevage plus délicate qu’il n’y parait.

« C’est important pour notre ville d’intervenir afin de préserver notre patrimoine. D’autant plus que l’orgue n’avait pas bénéficié depuis une quarantaine d’années d’une telle intervention qui pourtant est nécessaire tous les 25 ans  » souligne le maire Régis Ligier. Un chantier de 52500€ dont 24000€ de subventions venues de l’Europe et du Département du Doubs.

La mission a été confiée à la Manufacture d’Orgues de Gérald Cattin, entreprise basée à Bonnétage et disposant d’un savoir-faire reconnu au niveau national et même européen. Ce professionnel a même mené à bien des chantiers d’envergure jusqu’au Japon et dispose d’une expérience de plus d’un quart de siècle et donc de solides références. « Le relevage d’un orgue n’est pas une restauration mais un démontage complet de l’instrument » explique-t-il avant de détailler : « il s’agit de contrôler, vérifier et remettre en état tous les tuyaux. En l’espèce, ils sont au nombre de 1444 pour l’orgue de Maîche. Le plus grand mesure 2,70m, le plus petit 1cm ! ». Chacun de ces éléments est lavé, débosselé et ressoudé si besoin. « Par ailleurs, nous en profitons pour apporter des modifications à l’instrument pour corriger les petites erreurs de conception. Ici, nous avons adouci la mécanique qui était un peu trop dure ». Un travail minutieux qui recèle parfois quelques surprises comme la découverte de papiers utilisés autrefois pour assurer l’étanchéité. « Rien ne se perdait donc plutôt que d’utiliser du papier vierge, on retrouve comme ici des pages d’écriture d’un enfant et des morceaux de partition ».

Dans quelques semaines, après 4 mois de travail, dès que le printemps arrivera avec des températures plus clémentes, le relevage pourra prendre fin avec les phases de “réharmonisation” et “d’accordage”. Les tuyaux sont alors définitivement testés un à un pour obtenir un accord parfait. « Toutes les étapes d’un tel chantier ont leur intérêt mais il est vrai que c’est un moment particulier quand on entend enfin l’orgue, quand il parle à nouveau… ».