Haut-Doubs. Masques, gants et incivilité

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Ne jetez pas vos protections n'importe où !

Cela pourrait être le titre d’un mauvais roman mais c’est une triste réalité qui jonche les rues de nos villes et villages.

Les masques à la poubelle

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses personnes se sont fournies (on ne sait comment !) en masques jetables en vue de se protéger du coronavirus qui sévit dans le pays depuis novembre dernier (seul l’état d’urgence a été décrété en mars). Cela n’aurait pas vraiment d’incidence sur l’écologie si tous les détenteurs de ces protections sanitaires jetables prenaient la peine de s’en débarrasser dans les poubelles, communales ou privées. Ce n’est malheureusement pas le cas, à en croire l’état général des trottoirs qui révèlent bien malgré eux une incivilité de moins en moins concevable. Des centaines de masques et gants se retrouvent jetés à même le sol, créant ainsi une nouvelle pollution dont la nature se serait bien passée. Mais visiblement, certains de nos concitoyens n’en ont que faire et se débarrassent de leurs protections sans plus de cérémonie. “Je pensais vraiment que les images que l’on voyait dans les médias étaient tronquées, explique Sylvain de Pontarlier. Mais quand je suis allé en grande surface pour faire mes courses, j’ai pu constater la catastrophe, surtout au niveau des caddies.” A cet endroit précis, une fois les courses terminées, les clients retirent leurs gants et masques. Plutôt que de faire les quelques pas nécessaires pour rejoindre une poubelle, ils préfèrent jeter leurs ordures à terre. Une fatigue extrême les en aura empêchés sans doute …

Des siècles pour se dégrader

Un chiffre a été annoncé sur les réseaux sociaux : 450. Il représente le nombre d’années que mettrait un simple masque chirurgical jetable à se dégrader totalement dans la nature. Jean-François Gérard, Professeur du Département Science & Génie des Matériaux de l’INSA, véritable spécialiste du polymère, est formel : “Ces masques sont confectionnés en polypropylène, qui est le polymère le plus répandu. Et ce matériau est tout sauf biodégradable !” Il affirme ensuite que 450 ans ne sont pas exagérés…Et que cela pourrait même être davantage ! Il en va de même pour les gants, blouses et surblouses qui créent une pollution supplémentaire et fortement dommageable pour la biodiversité dans son ensemble.

ENCADRE

Eric Pauget, député Les Républicains de la 7e circonscription des Alpes Maritimes, a proposé d’augmenter l’amende initiale de dépôt d’ordures illégal de 68€ à 300€. Un geste fort mu par la volonté de faire cesser des actes d’incivilité qui en ajoutent à une pollution déjà trop présente. Actuellement à l’étude, ce projet de loi, portant sur les masques, pourrait être adoptée. Quand le bon sens ne suffit pas, on tape là où ça fait mal : au portefeuille !