Haut-Doubs. Métabief. Gaël Marandin s’inquiète pour la station

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La fermeture des remontées mécaniques n'empêchera pas la pratique du ski de fond. Photo : OT Métabief

Le nouveau maire de Métabief s’inquiète pour la santé économique de la station, en raison, notamment, de la fermeture des remontées mécaniques, décidée par le président de la République pour cause de crise sanitaire.

« Je regrette vraiment la décision unilatérale prise par le président de la République alors que nous menions des discussions avec le premier Ministre, s’insurge Gaël Marandin. Des tractations sont actuellement en cours mais pour le moment, c’est statu quo ! »
Lors de sa dernière allocution mardi 24 novembre dernier, Emmanuel Macron assouplissait quelque peu le confinement actuel avant d’instaurer un simple couvre-feu le 15 décembre prochain (si les indicateurs sont au vert !) mais il a également évoqué deux points forts : le maintien de la fermeture des bars et restaurants, et la fermeture des remontées mécaniques. Deux annonces reçues avec effroi par les professionnels de ces secteurs, touchés de plein fouet par cette crise sanitaire. À Métabief, comme dans toutes les stations hivernales de France, l’heure est à la stupéfaction : « Nous avions, comme toutes les communes concernées, travaillé de façon précoce sur la mise en place d’un protocole sanitaire strict et sur l’implantation d’un centre de dépistage. Tout est prêt d’un point de vue logistique et tout a été stoppé net. » Fort heureusement, la municipalité n’avait encore engagé aucun frais quant à la mise en œuvre de ce protocole.
Bien que l’arrêt des remontées mécaniques entraîne l’impossibilité de pratiquer le ski alpin, la trentaine de permanents travaillant sur le domaine mettent tout en œuvre pour accueillir les amateurs de sports d’hiver, tels que randonnées en raquettes, ski de fond …Les possibilités de profiter de la neige restent nombreuses et notre petite station est surtout prisée pour le ski de descente en février. Les vacances de Noël sont surtout familiales et les touristes qui y viennent à cette époque profitent surtout des joies du plein air. « Les bailleurs locaux n’enregistrent pas de désistement majeur, souffle l’édile. Mais les restaurateurs sont plus durement touchés, d’autant plus que la période des fêtes est souvent animée pour eux. La majorité d’entre eux propose des plats à emporter, mais leur perte s’élève en moyenne à 30% et ça ne sera jamais compensé. »
Aujourd’hui, l’association des Maires des Montagnes monte au créneau et se fait porte-parole des stations auprès du ministère. « Angela Merkel a demandé une uniformisation des restrictions au niveau du domaine skiable européen, précise Gaël Marandin. Toutefois, la Suisse est libre de faire ce qu’elle veut, n’étant pas soumise aux règles européennes et, pour l’heure, conserve l’ouverture de ses remontées mécaniques. J’ai déjà entendu des habitués dire qu’ils iraient skier en Suisse cette année. Cela devient vraiment problématique … » Les tractations se poursuivent et Gaël Marandin, à l’instar des autres maires, espèrent que la situation évoluera à leur avantage.

ENCADRE
La CCI monte au créneau
Dans un communiqué paru le 30 novembre dernier, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Doubs fait connaître ses vives inquiétudes face à la décision prise par le Gouvernement concernant la fermeture des remontées mécaniques. Elle souligne l’importance économique de l’activité sur le département qui fait vivre plus de 1000 entreprises. Elle ajoute que l’ouverture prochaine des restaurants en Suisse, couplée au maintien de l’activité de leurs stations hivernales, agirait comme un véritable “aspirateur à clientèle”, préjudiciable à l’ensemble de la profession de notre zone frontalière. Aussi, elle demande expressément au Gouvernement de reconsidérer la situation et de rouvrir urgemment les stations de sport d’hiver et leurs remontées mécaniques, insistant bien sur l’implication des professionnels dans la mise en place d’un protocole sanitaire strict.