Haut-Doubs. Morteau. Les travailleurs frontaliers encore visés

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Un "je t'aime moi non plus" qui dure depuis des année entre France et Suisse...

Les suisses sont appelés aux urnes le 17 mai pour s’exprimer sur la fin de l’Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Un risque pour les travailleurs frontaliers ?

Dire que les rapports entre l’union européenne et une partie de la classe politique suisse sont tendus est un doux euphémisme. Sans même que leur pays ne soit membre de l’UE, des partis helvétiques s’affichent ouvertement europhobes et n’hésitent pas à en faire usage y compris dans leur propagande électorale avec des affiches clairement hostiles. Ces opposants ont cette fois réussi à imposer l’organisation d’une votation le 17 mai autour d’un thème clair et précis « pour une immigration modérée ». Difficile compte tenu des antécédents bien connus de ne pas y voir une attaque en règle contre les travailleurs frontaliers.

Rappelons qu’en 1992, les suisses ont refusé d’entrer dans l’Espace Economique européen. Le pays a ensuite signé de nombreux accords bilatéraux afin de normaliser ces relations de voisinage qui ont toutefois subi quelques accrocs comme en 2014 avec une tentative d’introduction de quotas annuels de migrants, texte adapté ensuite pour donner une préférence nationale à l’embauche en établissant des formalités supplémentaires pour les employeurs basés en Suisse voulant faire venir des employés européens. Cette fois, il est donc question de résilier l’Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE. Par voie de conséquence, tous les accords bilatéraux seraient eux aussi remis en cause, une menace pour l’économie selon le gouvernement suisse qui est opposé à cette initiative.