Haut-Doubs. Mouthe. Le combat de Jeanne Salvi

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Jeanne Salvi livre un combat permanent contre la borréliose de Lyme

Jeanne Salvi est une jeune femme de 18 ans, vivant à Mouthe. A la voir ainsi, dans son fauteuil roulant, on se doute que Jeanne livre un combat au quotidien.

« Tout a commencé en 2018, explique la jeune fille. J’avais alors 16 ans, et j’étais très sportive. Je pratiquais la natation synchronisée sur Pontarlier à ce moment-là. Et puis, j’ai commencé à avoir des crampes musculaires, aux mollets. Elles devenaient tellement importantes que j’ai dû arrêter toute pratique sportive. Nous pensions que c’était dû à ça, que je souffrais du syndrome des loges. Mais après des semaines de repos et des douleurs croissantes, il a fallu se rendre à l’évidence : c’était autre chose. »
Les symptômes ont continué à augmenter. Aux douleurs musculaires se sont ajoutées des douleurs articulaires. « J’ai consulté alors un rhumatologue qui m’a fait passer de nombreux examens : scanner, IRM, électromyogramme, prises de sang en tout genre et même une biopsie des glandes salivaires …Mais ils ne trouvaient rien ! » Jeanne venait d’entrer dans une longue période d’errance médicale : « J’ai été ballotée de services en services pendant deux ans, c’était hyper long. Et au bout du compte, les médecins ont fini par ne plus me croire. Ils ont décrété que c’était psychologique. J’ai donc eu un lourd traitement d’antidépresseurs. C’était terrible comme sentiment, je savais que ce n’était pas psychologique mais pourtant, on finit par douter. Ma famille et moi avons fini par les croire et je me suis soumise au traitement. »
Un traitement qui n’a aucun effet sur les souffrances de Jeanne : « De nouveaux symptômes sont apparus au fil du temps : tremblements, spasmes, malaises, problèmes neurologiques … j’en ai développé une quarantaine ! » Son état empirant, Maud, sa maman, se tourne vers d’autres praticiens. C’est un acupuncteur de Mouthe, qu’elle connaît personnellement, qui lui souffle l’idée : et si c’était Lyme ?
Jeanne se rend alors chez un médecin d’Ornans, spécialisée dans cette maladie, qui lui fait alors passer des tests en Suisse. « J’avais des marqueurs en France, mais qui ne suffisaient pas à conclure à un positif. Les tests faits en Suisse étaient, quant à eux, sans équivoque. J’avais bien la maladie de Lyme ! Dans un sens, j’étais soulagée de poser enfin un diagnostic sur mes symptômes et d’arrêter de croire que cela vient de moi ! Et d’un autre côté, j’étais stressée. La maladie de Lyme peut être dangereuse. » Jeanne reçoit alors un premier traitement antibiotique sur un mois qui s’est avéré insuffisant. Un autre traitement, plus lourd encore, est prescrit pour deux mois. « Je l’ai très mal supporté, j’ai eu énormément d’effets secondaires, mais je suis allée jusqu’au bout. J’ai constaté une amélioration des symptômes pendant 3 semaines environ …puis tout a dégénéré à nouveau ! »
Aujourd’hui, Jeanne ne peut plus marcher et son bras gauche est paralysé. Son seul espoir repose en un traitement en hôpital de jour en Allemagne : « Ils ont une bonne longueur d’avance sur nous. Lors de l’hospitalisation qui durera trois semaines, je recevrai des antibiotiques par intraveineuse, de la luminothérapie et un traitement par hyperthermie. Autant de méthodes qui n’existent pas en France mais qui ont fait leurs preuves ! La clinique en question s’est spécialisée dans le traitement de la maladie et ils enregistrent un taux de réussite de 90%. C’est ma dernière chance de m’en sortir et vivre normalement à nouveau ! »
Le montant global d’un tel traitement, non pris en charge par la sécurité sociale, s’élève à 20 000€. Une somme conséquente que tente de réunir la famille de Jeanne. Pour ce faire une cagnotte Leetchi a été mise en place afin de leur venir en aide et permettre à Jeanne d’espérer vivre la vie dont elle rêve : une vie libre, sans douleurs, bien campée sur ses pieds. Une vie de jeune femme ordinaire, au parcours extraordinaire.
Pour participer, rendez-vous sur le lien suivant : https://www.leetchi.com/c/pour-jeanne-wa7gb2or

ENCADRE
Les tiques sont de retour
Les températures exceptionnellement douces n’apportent pas que des bonnes nouvelles.
Nous avons tous largement profité des températures printanières ces derniers jours et apprécié la douceur des rayons du soleil sur notre peau. Mais nous ne sommes pas les seuls à avoir la sensation de revivre aux beaux jours : toute la nature renaît pour le meilleur …Et pour le pire.
Si le pire devait avoir une image, il aurait celle de la tique. Véritables fléaux dans nos contrées, porteuses de maladies redoutables dont la borréliose de Lyme, elles profitent des premières chaleurs printanières pour sortir de leur tanière, à la recherche de nourriture. Leur nourriture, c’est le sang de mammifères, dont nous faisons partie. Les acariens, posés sur une feuille ou une tige, attendent le passage d’un animal à leur proximité. Elles se laissent alors tomber dessus et s’accrochent à la peau avec des fins crochets. Là, elles se gavent de sang jusqu’à devenir énormes (elles peuvent devenir 200 fois plus grosses qu’initialement !). Le risque majeur, comme souligné précédemment, est la transmission de bactéries qu’elles véhiculent, dans la borréliose de Lyme, à l’origine de la maladie du même nom. La maladie peut être dangereuse tant pour l’homme que pour nos amis à quatre pattes. Prenez donc toutes les précautions nécessaires avant vos sorties en plein air : manches longues, chaussettes recouvrant le pantalon, casquettes … pensez également au répulsif (demandez conseil à votre pharmacien). Au retour de balade, prenez le temps de vous inspecter sous toutes les coutures, et faites-en autant avec votre animal, notamment sur des parties chaudes et humides (nombril, oreilles, parties génitales).
En cas de présence d’une tique sur vous, extrayez-la avec un tire-tique et désinfectez la piqûre. Si vous voyez une plaque rouge et ronde sur votre corps dans les trois semaines suivant la piqûre, rendez-vous immédiatement chez votre médecin.