Haut-Doubs. Ornans. Quel avenir pour les campings ?

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Le camping étoilé de la Roche d'Ully propose des hébergements atypiques.

Blotti dans la verdoyante vallée de la Loue, le camping de la Roche d’Ully a débuté avec un peu de retard une saison qui déjà s’annonce compliquée. Rencontre avec son directeur Etienne Pascal, également président de la fédération nationale de l’hôtellerie de plein air pour la Bourgogne Franche-Comté.

Détenteur de l’écolabel européen, le camping de standing de la Roche d’Ully situé près du parc aquatique Nautiloue propose en plus des emplacements traditionnels des cottages, hébergements insolites, lodges alliant tradition et modernité. « Notre saison débute normalement le 2 avril et se termine le 6 octobre mais cette année, la pandémie a repoussé cette date au 2 juin et nous sommes sur une hypothèse de fermeture fin octobre » explique Etienne Pascal. Le protocole d’accueil a bien entendu changé pour s’adapter à la situation avec des mesures drastiques dès l’accueil puis dans les sanitaires et au restaurant : « Nous devons à la fois anticiper les flux et prévoir la distanciation ». A ces nouvelles contraintes s’ajoute une météo digne de l’automne alors que l’été devrait déjà pointer son nez…

« D’habitude, nous avons une réelle visibilité sur la haute saison en termes de réservation avec à cette époque près de 90% de remplissage garanti. Là nous sommes à 30% » poursuit le responsable qui affiche toutefois son optimisme. « L’ouverture des frontières de l’espace Schengen devrait permettre à la clientèle européenne de se projeter sur ses futures vacances ». Un point important en effet quand on sait que le camping de la Roche d’Ully accueille 60% de clients étrangers, en majorité des néerlandais, des allemands et des suisses « et pour la clientèle française, elle vient en très grande partie de Bourgogne Franche-Comté et d’Alsace ». Un tourisme de proximité qui pourrait cette saison et à l’avenir connaître un développement important et salvateur pour les campings. Pour l’heure, Etienne Pascal doit malgré les aléas et les incertitudes préparer les mois à venir et notamment anticiper les recrutements : « mon camping emploie dix personnes lors d’un été normal. Là, il va falloir être réactif et flexible en suivant l’évolution des réservations de dernière minute en plus de la météo… ».

Dans le cadre de son mandat de président régional de la fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), il espère également que les pouvoirs publics entendront les revendications de sa profession « comme l’annulation et non le simple report des charges, le lissage sur plusieurs années des prêts garantis par l’Etat ou encore le prolongement du dispositif de chômage partiel ».