Haut-Doubs. Orthophonistes : Une situation qui laisse sans voix

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C'est un vrai parcours du combattant pour les familles déjà confrontées aux difficultés de l'enfant.

Patient. C’est le nom des personnes qui consultent les professionnels de santé. C’est aussi l’adjectif qui convient et la qualité indispensable pour qui a besoin d’un rendez-vous auprès d’un orthophoniste…

Pour les parents en recherche d’un orthophoniste pour leur enfant, c’est un véritable parcours du combattant. Des dizaines d’appels téléphoniques passés avec souvent au bout du fil : « Nous ne sommes plus en mesure d’accueillir de nouveaux patients ». Au mieux, ces familles se voient proposer une place sur une liste d’attente interminable repoussant un hypothétique rendez-vous aux calendes grecques, trop loin en tout cas pour répondre par exemple à une demande de bilan orthophonique demandé par l’Education Nationale pour mettre en place le suivi d’un enfant présumé dyslexique. Décourageant. Pour les habitants du Doubs, la solution se trouve donc souvent en dehors du département comme le confirme l’Agence Régionale de Santé (ARS) : « La région Bourgogne-Franche-Comté dénombrait 761 orthophonistes au 1er janvier 2019, dont 175 dans le département du Doubs. La densité dans ce département (22 orthophonistes pour 100 000 habitants) est légèrement supérieure à la moyenne régionale, qui s’établit à 20. Plus globalement, la région se situe en-deçà de la densité nationale (32) ».

Pour favoriser l’installation et le maintien d’orthophonistes libéraux dans les zones très sous dotées, divers contrats incitatifs ont été créés notamment des contrats d’aide à l’installation, d’aide à la première installation, d’aide au maintien ou encore des contrats de transition. « Le département du Doubs se caractérise par des zones sous-denses à l’est, mais avec une dynamique d’installation via ces contrats aidés » note tout de même l’ARS. « L’URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé) Orthophonistes et l’association Plateforme Prévention et Soins en Orthophonie (PPSO) ont par ailleurs lancé un dispositif à but non lucratif, dont la finalité est d’aider à la régulation de la demande de soins en orthophonie, de contribuer à un meilleur adressage des patients, d’écarter les éventuelles demandes non justifiées de soins en orthophonie et donc de diminuer la pression qui pèse sur les orthophonistes ». Le dispositif est articulé autour d’un site de prévention primaire (https://www.allo-ortho.com), d’une plateforme téléphonique de régulation, de prévention, d’accompagnement, animée par des orthophonistes et d’une solution d’adressage de la demande de soins. « L’agence œuvre conjointement avec le conseil régional depuis quelques années pour augmenter le nombre de places de formation en orthophonie et favoriser ainsi la densité de professionnels installés ». Des actions qui semblent sur le terrain encore loin de satisfaire la demande et donc d’offrir des solutions acceptables pour les familles.