Haut-Doubs. Pays de Maîche. Effacement des seuils sur le Dessoubre

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Le seuil de Fleurey sera bientôt supprimé.

Les seuils de Neuf-Gouffre et de Fleurey doivent faire l’objet d’un aménagement visant à rétablir la continuité piscicole et à mettre fin à diverses problématiques.

« Ces seuils constituent autant d’obstacles bien souvent infranchissables pour les poissons » explique Anthony Guinchard, directeur du syndicat mixte (SMIX) du Dessoubre de du bassin versant. A cela s’ajoutent d’autres problématiques qu’il détaille : « Le manque de sédiments en aval des seuils entraîne une incision locale voir généralisé pouvant avoir de graves conséquences sur le bâti avec effondrement de ponts et de berges par exemple, en plus d’avoir des effets néfastes sur la qualité physique du cours d’eau ». Il poursuit en évoquant la continuité piscicole, considérant qu’un obstacle est très difficilement franchissable à partir de 30 cm. « Les poissons chercheront toujours à remonter en amont d’un cours d’eau en période de basses eaux car c’est en amont qu’on retrouve les eaux les plus fraîches. Une continuité écologique rétablie agrandit aussi le champ des possibles en termes d’abris ou de zones de frayères. Il est désormais prouvé qu’un seuil infranchissable induit une séparation génétique entre les espèces en amont et les espèces en aval d’un seuil, preuve que l’impact d’un seuil sur une population globale est bien présent ».

A ces premiers éléments s’ajoutent les effets induits par la zone de remous, en amont du seuil qui constitue une zone sans courant. On y observe d’après les spécialistes une détérioration des habitats piscicoles et des zones de fraies, une augmentation de la température et évaporation plus importante. « Ces zones de remous ne sont pas des zones de stockage d’eau, ces zones de remous ne permettent pas de soutenir un débit d’étiage. Au contraire, la multiplication des seuils sur une rivière aggrave les étiages en aval ». Un développement plus important d’algues est aussi observé ainsi qu’une perte de diversité dans la composition de la végétation dans la rivière et sur les rives.

Le SMIX va donc engager les travaux dès cet été, une intervention conséquente qui comprend l’effacement complet des seuils, le comblement des canaux, une protection de berge en rive gauche pour protéger la route départementale, la diversification du lit mineur par la pose de blocs puis le resserrement et la diversification du lit par de la recharge sédimentaire.