Haut-Doubs. Pays de Maîche. La vallée de la Mort est bien vivante

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La via-ferrata donne une idée du frisson que connaissait les contrebandiers.

Avec un nom pareil, le lieu peut paraître repoussant et peu à même d’attirer les touristes. C’est pourtant tout le contraire. Chaque été, le public se presse en effet dans cette vallée creusée par les eaux du Doubs.

De nombreuses légendes entourent ce haut-lieu de la contrebande franco-suisse du XVIIIe et XIXe siècle, où des accidents mortels se produisaient à l’occasion des opérations de « bricotte », un petit trafic de marchandises nécessaire à la survie dans les périodes difficiles. Les denrées concernées étaient de première nécessité, farine, sucre, café, tabac, bien loin du grand banditisme. Il n’en fallait pas plus pour que le lieu soit renommé par ce funeste nom de baptême, « Vallée de la Mort », reflétant la crainte suscitée par ce site enclavé dans la haute vallée du Doubs, également appelée. C’est par ici qu’en empruntant les célèbres échelles de la Mort, les contrevenants avaient un accès rapide et discret vers la Suisse. Mais pour réussir ce passage clandestin et illégal, encore fallait-il échapper à la vigilance des « gabelous », surnom donné aux douaniers. Les moyens rudimentaires utilisés pour franchir les falaises escarpées, rendaient l’escapade hautement risquée, le danger de mort étant encore accru la nuit, sans même parler de l’hiver…

De multiples activités sportives
Aujourd’hui pourtant, malgré ce nom de vallée de la Mort, malgré ce passé parfois macabre, le lieu est emblématique du territoire communal de Charquemont et au-delà de celui de l’ensemble du Pays de Maîche. En charge du tourisme, la Communauté de communes y a par exemple installé une via-ferrata. De nombreux sentiers passent par-là, que ce soit à pied ou à VTT. Enfin, un trail en septembre y enverra ses concurrents. Une fréquentation pas si étonnante quand on découvre le spectacle qu’offre ici la nature.