Haut-Doubs. Pays de Maîche. L’école à la maison remise en question

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C'est tout un projet de vie qui est menacé pour beaucoup de familles.

Dans le cadre du projet de loi contre les séparatismes, le gouvernement a décidé de ne plus autoriser les familles à assurer l’instruction de leurs enfants à la maison déclenchant colère et incompréhension.

« C’est un choix que nous parents avions fait avant même la naissance de nos enfants aujourd’hui âgés de 11 et 12 ans » explique Manon, maman installée dans un village du Pays de Maîche. Hormis une année en maternelle, ses deux enfants ont toujours suivi leur scolarité à la maison. « C’est un choix personnel qui est compatible avec notre organisation familiale et qui répond à notre souhait d’apprendre avec eux, de les suivre et de les accompagner. Nous nous en sentions capables, nous l’avons fait » poursuit-elle, précisant que c’est un droit reconnu par la loi. Une simple déclaration en début d’année suffit pour faire connaitre cette décision à l’académie mais aussi à la mairie du domicile parental.

« Des contrôles sont évidemment réalisés tous les ans par l’Inspection Académique pour évaluer le niveau scolaire des enfants et la mairie aidée si besoin par les services sociaux vérifient, une fois tous les 2 ans, les conditions de vie des enfants à leur domicile… ». Pour elle aucun souci depuis toutes ces années. Le rythme est pris avec le matin les cours de français, maths, langues, histoire-géo…et l’après-midi un temps pour avancer sur les projets avant de laisser place aux autres activités. « Mes enfants pratiquent la spéléo, le scoutisme, la musique, les arts plastiques, le théâtre, la natation, le modélisme…sans compter leur participation à la vie associative de leurs parents ! ». Autant dire que leur socialisation n’a rien à envier à bien d’autres enfants scolarisés dans un collège. « Ils font beaucoup de rencontres, beaucoup de sorties et ont une vraie ouverture d’esprit » se félicite Manon.

Le projet de loi gouvernemental est donc tombé comme un coup de tonnerre. « C’est notre projet de vie qui est remis en cause, notre envie de suivre leur développement, de respecter leur rythme… » déplore-t-elle. Une colère encore accentuée par une décision politique prise au nom de la lutte contre les séparatismes et les extrémismes religieux. « Nous sommes athées et avons l’impression d’être sacrifiés pour une question qui ne nous concerne pas ». Manon va donc se battre avec d’autres parents pour informer les parlementaires sur leur situation. Un combat pour leur liberté de choix et pour le bien-être de leurs enfants.