Haut-Doubs. Plateau du Russey. Écologiques, les murs en pierres sèches reviennent dans le paysage

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Tout au long du sentier, des panneaux permettent d'en savoir plus sur les murs en pierres sèches.

Autrefois nombreux, ces murs ont peu à peu disparu donnant un autre aspect aux campagnes comtoises et mettant à mal la biodiversité. Le temps est venu de les réhabiliter afin de profiter de leur effet écologique.

« Ces murs matérialisaient autrefois les limites cadastrales, une utilité administrative donc, à laquelle s’ajoutait un intérêt écologique. Ils ont en effet un rôle important sur la biodiversité avec par exemple un rôle de limitation de la prolifération des campagnols évitant ainsi la nécessité de traiter chimiquement. Ils retiennent aussi l’eau et protègent contre le gel et le vent, explique Marie-José Vermot, présidente de l’association Murs et murgers. Mais ces constructions ancestrales ont fait les frais de la mécanisation de l’agriculture qui aujourd’hui fait appel à des machines de plus en plus imposantes pour lesquelles ces murs sont des obstacles ».

Un art du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Depuis 2018, l’UNESCO a inscrit l’art, le savoir-faire et la technique de construction en pierre sèche sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La pierre sèche est en effet une technique constructive millénaire qui a contribué à façonner des paysages remarquables, comme à Laval-le-Prieuré au lieu-dit Les Cerneux, où l’association « Murs et murgers » a permis de mettre en place un sentier pédagogique. 1,5 km et 100 m de dénivelé sur les hauteurs de la vallée du Dessoubre pour ce « Mur-mur(es) de pierres ». « C’est une balade champêtre, entre pâturages et forêts, à la fois pour s’évader, observer et écouter ». Des panneaux explicatifs ont été disposés par la communauté de communes du Plateau du Russey sur ce parcours, afin de rappeler l’histoire et l’utilité de ces constructions.

Il a fallu de longs mois d’efforts et de patience aux bénévoles pour parvenir à ce résultat. Grâce notamment au concept de chantier école mis en place par « Murs et Murgers » dont la réputation est grandissante sur le territoire du Pays Horloger. « Cela nous permet d’avoir de la main d’œuvre de personnes à qui nous transmettons un savoir-faire qui sera ensuite utilisé pour leur propre projet ». Reste un manque à combler pour mener à bien les chantiers présents et à venir : trouver des pierres pour voir peu à peu réapparaître ces cordons naturels qui sillonnaient autrefois les pâtures du Haut-Doubs.