Haut-Doubs. Pontarlier. Des restaurateurs au grand cœur

1166
L'équipe des restaurateurs au grand coeur au complet

En ces temps de crise, la solidarité ne cesse de progresser et ce sont des professionnels de la restauration qui aujourd’hui mettent la main à la pâte en faveur des plus démunis.

Ludovic Chevallier est gérant de l’établissement Confusion des Sens et parle au nom du collectif : « Nous sommes sept restaurateurs* de Pontarlier à nous réunir régulièrement depuis l’arrêt de l’activité. Nous nous entendons à merveille et nous nous soutenons mutuellement dans cette épreuve. Ces réunions nous permettent d’échanger et de nous retrouver. »
C’est durant l’un de ces rendez-vous, en décembre dernier, que l’idée est lancée : « Nous avons éprouvé le besoin de valoriser notre profession, de continuer à l’exercer tant en venant en aide aux plus démunis. Fanny, des Papillons, et moi-même avons été bénévoles aux Restos du Cœur. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes d’abord tournés vers eux pour leur proposer notre aide. Il faut savoir qu’ils n’ont plus le droit de distribuer des repas chauds ! Nous avons donc pensé à créer un événement sous forme de soupe populaire, comme à Paris. Nous avons sollicité la mairie de Pontarlier afin de nous établir une fois par semaine sous les halles mais cela nous été refusé pour des raisons logistiques mais également par crainte d’un attroupement. La directrice des Restos du Cœur a pu nous faire une petite place dans leur petit local. » Toutefois, Béatrice Hérard a eu connaissance du projet et a rappelé le collectif : « L’adjointe à l’action sociale nous a contactés afin de voir ensemble qui nous pourrions soutenir en plus des Restos du Cœur. Nous intervenons donc avec le CCAS et apportons des plats chauds aux personnes âgées et à des personnes sans domicile fixe logées au Formule 1. »
Chaque mercredi matin, le collectif, composé de quatre restaurateurs bénévoles, se réunit dans la cuisine de l’un d’eux, et élabore des bons petits plats à partir de denrées alimentaires offertes par les généreux donateurs dont le primeur du centre ville monsieur Drezet, Promo Cash, le Vrac et bientôt peut-être le magasin Colruyt. « Ils nous font don de produits invendus tout à fait comestibles que nous transformons en plats chauds, en fonction de ce que nous recevons. » A titre d’exemple, la première semaine, 40 litres de bonne soupe ont pu être distribués aux bénéficiaires. Le mercredi après-midi est destiné à la distribution des plats chauds : « Nous rendons notamment visite à des petites dames âgées qui nous attendent de pied ferme. Nous devons être leurs rares visites de la semaine et c’est dans ces moments-là que nous nous sentons à notre juste place. Nous n’apportons pas que des mets pour le corps, mais également des mets pour le cœur. Ca nous enchante, ça nous porte, c’est une véritable bouffée d’oxygène! Et nous renouons avec ce que nous aimons faire dans notre métier-passion : le partage, l’échange, le lien social. »
La Marmite Solidaire fonctionne sur le même principe. N’y aurait-il pas « concurrence » ? Ludovic Chevallier assure que non : « Nous avons longuement échangé avec Nelly Jacquot, elle est vraiment très gentille. Nous faisons effectivement la même chose mais pas du tout pour le même public. Nous sommes donc complémentaires dans nos actions. »
Si vous souhaitez venir en aide au collectif de nos généreux restaurateurs, vous pouvez les fournir en verrines en tout genre, à déposer auprès du primeur Drezet, situé 42 rue de la République.
Et à l’avenir ? « Dès que nous pourrons rouvrir, nous allons réfléchir à la suite donnée à cette action, notamment auprès des personnes âgées. Nous créons des liens forts et nous ne voulons pas les briser. »
*Confusion des Sens, les Papillons, le Pourquoi Pas, la Brasserie de la Poste, la Pinte Comtoise, le Midi Treize, la Parenthèse.