Haut-Doubs. Pontarlier. Discothèque : la colère gronde

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Ces temps de fêtes nocturnes paraissent bien lointains pour les professionnels du milieu

Marc Vernier, gérant de la discothèque La Première, ne cache plus ni sa colère ni son inquiétude face au silence des ministères.

“Il y a 25 000 emplois à sauver dans toute la France, clame-t-il. Il serait vraiment temps que nos dirigeants se réveillent sinon, nous courons droit à la catastrophe !” Fermées depuis l’annonce du confinement, le 16 mars dernier, les discothèques n’ont encore reçu aucune autorisation d’ouvrir. “C’est aberrant !, tonne Marc Vernier. Les bars sont ouverts, les clubs de sport aussi mais nous, qui compilons danse et débits de boissons, nous n’en avons pas le droit ! C’est à n’y rien comprendre !” Une situation ubuesque que rencontrent tous les gérants de boîtes de nuits de France qui entament dès maintenant des opérations coups-de-poing. “Il faut absolument que le message passe ! Si rien ne bouge d’ici début octobre, nous allons devoir officiellement annoncer le licenciement de 25 000 personnes ! Nous sommes tous pris à la gorge, nous n’avons plus le choix !” Pour la Première, 20 emplois sont en sursis.
Pour mieux se faire entendre et mobiliser leurs forces, un mouvement national a été créé récemment “Collectif des discothèques en colère” auquel Marc a immédiatement adhéré : “Cela ne peut plus durer, nous en avons marre d’être les oubliés de la République ! On ne demande pas grand chose, juste de nous permettre d’ouvrir en tant que bar-ambiance, mais également d’aider les établissements en grande difficulté en prenant en charge leurs charges fixes pour tous ceux qui auraient perdu, et perdent encore, plus de 50% de leur chiffre d’affaires.” Des revendications légitimes qui leur permettraient de survivre : “On nous a fait de promesses d’aides financières mais pour le moment, nous n’avons absolument rien perçu !” Pour se faire entendre, le collectif s’est rendu à Paris pour la grande manifestation citoyenne et compte bien mener des actions localement. “Il y aura des blocages de péages et de grands axes auprès des grandes villes, comme Besançon. Nous ne lâcherons rien tant que nous n’aurons pas obtenu ce que nous attendons de nos élus !”
Un dernier point chagrine fortement ce professionnel du monde de la nuit : “On commence à sortir de la culture française, les jeunes nous oublient facilement. Nous devons également nous battre là-dessus !”