Haut-Doubs. Pontarlier. Fake news et réalités de terrain

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Denis Gérôme fait l'état des lieux de cette année écoulée

Les annonces en tout genre circulent sur les réseaux sociaux, à l’encontre notamment de nos voisins suisses. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? On fait le point.

« Les Suisses devront présenter un test PCR négatif datant de moins de 72h pour entrer en France ».
FAUX. L’annonce est tombée comme un couperet lundi 28 décembre, en fin de journée. Estampillée du sceau de la préfecture du Doubs, l’annonce a fait l’effet d’une bombe et avait tout l’air d’être vraie. La circulaire était ainsi rédigée : « Si vous souhaitez entrer en France, hors motif professionnel, depuis un des cantons Suisses suivants : Grisons, Jura, Neuchâtel, Valais, Vaud, vous devez présenter un test Covid19 négatif de moins de 72h. À défaut, le Préfet pourra prescrire votre mise en quarantaine ou en isolement. » Un vent de panique a soufflé sur toute l’économie locale, basée sur 30% de clientèle suisse. « Si c’est vrai, ce serait catastrophique pour nous tous », souffle Denis Gérôme. Contactés, le préfet, la députée et le sénateur du Doubs ont tous infirmé cette déclaration, rassurant ainsi tous les acteurs de la vie économique locale : la libre circulation est maintenue entre les deux pays et aucun test n’est exigé. Seuls les français ayant skié en Suisse pourraient être contrôlés à la frontière et devront présenter un test négatif à la Covid de moins de 72h.

La même information circulait concernant uniquement les habitants de Neuchâtel, et relayée par un journal local suisse. Les réseaux sociaux n’ont pas manqué de relayer massivement l’information, créant un tollé d’indignation parmi les internautes. Là encore, il s’agit d’une fausse information, à l’instar de la précédente.

La réalité du terrain

Denis Gérôme ne mâche pas ses mots : « L’année 2020 a été très difficile pour nous tous. Même si le mois de décembre a été plutôt bon, il ne rattrape pas les trop longues semaines de confinement et de fermeture administrative. Et il faut bien comprendre que l’économie ne s’arrête pas aux commerçants mais que toute l’activité est impactée, entreprises et artisans. De plus, nous n’avons aucune perspective sur 2021. Les marges sont minimes voire inexistantes. De ce fait, il n’y aura pas d’investissement spécifiques (changement de matériel informatique, de parc automobile, agrandissement de locaux …) et ça, pour tout le monde, c’est dramatique ! » Denis Gérôme souligne toutefois que l’État a fait des efforts importants en faveur de tous mais ils n’étaient pas suffisants. « Honnêtement, nous ne sommes pas optimistes … » ajoute le président de la fédération des Commerçants du Grand Pontarlier « même si nous espérons toujours des investissements et l’ouverture de nouveaux commerces. » Il tient cependant à ajouter, en guise de conclusion : « Nous ne remercierons jamais assez les entreprises et associations qui ont fait montre d’une incroyable solidarité en offrant des chèques cadeaux à leurs employés. Ils ont cette année connu un vif succès et c’est de l’argent frais réinjecté directement chez les commerçants locaux. Nous avons donc cette certitude minimale de conserver une clientèle fidèle et solide. »