Haut-Doubs. Pontarlier : le CAP lance le rugby à cinq, au toucher

Membres du CAP Rugby, Bertrand Saillard, Antoine Egret et Teddy Parisot ont lancé une nouvelle section, le rugby à cinq. Jeu au toucher, sans contact, c'est le bon compromis entre la passion pour le ballon ovale et l'impact physique parfois trop rude pour certain(e)s. Cette nouvelle branche a récemment accueilli des réfugiés Afghans.

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Chaque jeudi soir à 20h, les joueuses et joueurs se retrouvent sur le terrain du CAP Rugby.

Le rugby à Pontarlier se joue sous toutes ses formes ! Dernière nouveauté du CAP : le rugby à cinq. Contrairement au jeu à XV, XIII ou à VII, les contacts n’existent pas, tout se joue au toucher.  » C’est un peu ce que l’on voit à l’entrainement. Il n’y a pas de contact, de plaquages ou ce genre de choses. Nous avons créé cette section pour garder un lien avec le rugby sans s’investir autant qu’avant, car nos vies ne le permettent plus vraiment « , explique Antoine Egret, l’un des initiateurs du projet.

Un sport pour tous, dès 16 ans

A 33 ans, l’ancien joueur du CAP conserve une licence au club tout en privilégiant sa vie de famille. La fibre du rugby n’est pour autant jamais partie et le passionné a trouvé un bon compromis. Avec un entrainement par semaine, des tournois pour le moment locaux et occasionnels. Nombreux sont les pères et mères de famille dans son cas, à l’image de Teddy Parisot, l’un des autres organisateurs.  » Il y a aussi des personnes qui aiment ce sport mais qui par peur du contact justement, ne se sont jamais inscrites. C’est l’occasion. On essaye d’ailleurs d’avoir une équité de joueurs entre les novices qui veulent jouer et les anciens joueurs qui veulent être plus « tranquille ». Fille comme garçon !  » Elles sont d’ailleurs quelques joueuses à s’être essayée à ce nouveau format. Une séance de découverte est offerte pour toute nouvelle personne.

La discipline avait été lancée il y a quelques années par l’emblématique Bertrand Saillard, figure du CAP Rugby, sans réellement toucher assez de monde pour perdurer dans le temps. Le « papa » du club s’est naturellement joint à Teddy et Antoine pour diriger la section. Cette fois, l’objectif est de pérenniser la discipline et la saison semble déjà bien partie avec déjà une cinquantaine de licenciés.

Après chaque entraînement, tout le monde se retrouve pour profiter d’un pot. Les valeurs du rugby, c’est aussi la troisième mi-temps.

Des réfugiés Afghans découvrent le rugby

Alors que les entraînements se déroulent chaque jeudi soir, le 26 novembre les joueurs ont accueilli à l’entraînement huit réfugiés politiques afghans. Alors qu’ils travaillaient pour les renseignements français dans leur pays, ils ont être expatriés suite à la prise de pouvoir des Talibans. Leur nom et leur familles avaient été placés sur la liste des cibles à abattre. Quitter sa vue du jour au lendemain n’a rien de simple pour ces personnes qui doivent apprendre à nouveau à vivre sur un territoire dont ils ignorent presque tout. Les joueurs de rugby ont donc tenté de leur apporter un peu de réconfort avec cette session découverte.  » Ils ne connaissaient rien du rugby et en une séance leur progression a été fulgurante ! Ils ont apprécié et ça nous touche d’avoir pu leur apporter un peu de plaisir. Pour nous c’était un rendez-vous plein d’humilité et de respect, des valeurs communes au rugby. », poursuit Antoine Egret. Une rencontre qui aura peut-être fait naître aussi chez nos nouveaux Pontissalien, une passion pour l’Ovalie !

Martin SAUSSARD