Haut-Doubs. Pontarlier. Les aides à domicile se mobilisent

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Peu nombreuses mais bien décidées à se faire entendre !

Métier tourné vers l’Humain par excellence, l’aide à domicile attire peu de vocations. En cause : une reconnaissance limitée, voire inexistante, de la profession.

Et c’est justement face à ce sentiment que luttent Gaëlle Fourneret et ses collègues. Aide à domicile depuis plus de 4 ans, la jeune femme voit les difficultés et le manque de reconnaissance qu’engendre sa profession. “J’ai toujours voulu travailler dans le social, explique-t-elle. J’ai eu l’occasion de découvrir ce métier qui m’a immédiatement séduite. J’ai donc suivi une formation à la Maison Familiale Rurale en 2015 et décroché mon titre professionnel.” Suite à cela, Gaëlle n’a eu aucune difficulté à décrocher un emploi tant la demande est forte. “Il y a énormément de postes à pourvoir dans le métier. Les structures, qu’elles soient publiques ou privées, manquent toutes de personnel. Mais les conditions de travail freinent plus d’une bonne volonté !” Gaëlle évoque notamment les journées à rallonge : début 8h, fin à 20h avec des creux dans la journée non rémunérés. Les kilomètres ne sont pas suffisamment défrayés. “J’ai vu des collègues faire des journées de 100 kilomètres ! Avec leur propre voiture personnelle. Franchement, ce n’est pas avec nos salaires que nous pouvons nous offrir une voiture neuve. Dans ma structure, nous sommes 17 employés et il n’y a que 3 voitures de fonction.” Gaëlle a bien conscience que ses missions de travail concordent souvent avec des temps clés de la journée : les levers et couchers des bénéficiaires notamment, ou bien encore les toilettes et les repas. “Nous ne demandons pas une révolution de la profession, tempère-t-elle, mais juste une véritable reconnaissance et une meilleure considération de notre métier. Nous aimerions être intégrés dans la catégorie des soignants. Nos actions se rapprochent souvent de celles des aides-soignantes, nous sommes un maillon essentiel dans la prise en charge des soins et pourtant, nous avons la sensation d’être les oubliés de ce système.”
Afin de se faire entendre, les aides à domicile et auxiliaires de vie ont manifesté place d’Arçon samedi 12 septembre, jour de mobilisation nationale. Craignant d’être “noyées dans la masse” et par conséquent de ne pas être suffisamment entendues, Gaëlle et quelques collègues ont choisi d’exprimer leurs inquiétudes en petit comité. “Nous n’étions pas nombreuses mais Bénédicte Hérard (adjointe à la politique de la ville, aux solidarités, au social et à la santé, NDLR) est venue nous apporter son soutien.”

“Vous verriez-vous faire autre chose ?”
A cette question, la réponse fuse : “Non non, je ne me verrai pas faire autre chose ! J’adore mon métier pour son côté humain, pour la sensation d’être utile qu’il procure. Pour certaines personnes, nous sommes les seules visites de la journée. La reconnaissance, nous en avons quand même et on la retrouve dans les sourires de nos bénéficiaires.” Un métier qui répond à une certaine vocation qui, dans ces conditions de travail parfois difficiles, pourrait s’émousser, au fil du temps. Et ça, Gaëlle le redoute autant qu’elle le refuse.