Haut-Doubs. Pontarlier. Les Gravilliers livrent leurs secrets

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Une femme a été retrouvée à proximité du village

Le vaste chantier de fouilles archéologique mené aux Gravilliers touche à sa fin et dévoile de nombreux secrets jusqu’alors piégés dans les profondeurs de la terre.

Tout a commencé en 2011 lorsqu’un premier diagnostic avaient révélé un site daté du Moyen-Âge, estimé entre le cinquième et le onzième siècle. L’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) mène actuellement, et ce depuis 2018, des fouilles archéologiques dites “préventives” avant l’implantation d’un nouveau centre d’activités. Les professionnels de l’INRA n’hésitent pas à définir ce site comme « exceptionnel ». L’an passé, un village venu tout droit du Mésolithique donnait les preuves d’une occupation humaine à cette époque. « « On a le village entier, que j’appellerais plutôt domaine, et ses abords avec une église, une nécropole ainsi qu’une aire d’abattage du bétail. On a toute leur vie, étendue sur 8 hectares », s’enthousiasme Michiel Gazenbeek, responsable de recherche archéologique à l’INRAP. En plus de la nécropole déjà présente, 74 sépultures ont été dénichées à proximité du village, dont une femme portant une chaînette, une fibule et une bague. Il souligne en outre l’aspect rarissime d’une telle trouvaille aussi complète. Le coeur du domaine est constitué d’une dizaine de grands bâtiments de 200 à 300m2, serrés entre eux. Une incroyable église se trouve un peu à l’écart. D’ordinaire, les églises sont construites en terre ou en torchis mais celle-ci a la particularité d’être entièrement bâtie en bois. Élaborée selon un plan basilical, la belle fait 24 mètres de long et 14 mètres de large. Il n’existe pas d’équivalent dans les régions alentours, que ce soit en France ou en Suisse. L’étude de la céramique présente sur les lieux permet de dater l’occupation des lieux : entre le 6e et le 7e siècle. L’implantation a été rapide et le départ visiblement brutal, mais sans violence puisqu’on ne décèle aucune trace de destruction ou d’incendie.
Plus de 13 000 pièces évocatrices ont été déterrées manuellement sur le site : des silex, des lames et lamelles issues de ces silex ainsi que des ossements ou encore des dents de bovin (probablement de l’aurochs) se trouvent sur le site. Ils sont la preuve de l’existence de l’homme en ces temps reculés. Les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique avaient sans doute choisi cet endroit en raison de sa faune abondante et des carrières de silex, dont la plus proche se situe à 6km, à Arçon. Une dizaine de pièces, encore plus anciennes, intriguent les archéologues qui continuent les investigations pour savoir de quelle époque ils proviennent. Les résultats de ces recherches devraient nous parvenir dans les mois qui viennent, probablement courant 2021. Le site des Gravilliers n’a pas fini de nous surprendre !