Haut-Doubs. Pontarlier. Port du masque : Patrick Genre s’explique

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Depuis mercredi dernier, il n'est plus possible de déambuler dans les rues du centre ville de Pontarlier sans porter un masque. Patrick Genre s'explique sur cette décision prise pour la santé de tous. Crédit : Yves LC

Lors du dernier conseil municipal ce lundi 21 septembre, Patrick Genre est longtemps revenu sur sa décision d’obliger le port du masque dans les rues du centre ville.

L’annonce n’a pas forcément été bien accueillie par les administrés. Lundi 21 septembre, dans la journée, Patrick Genre annonçait qu’au vue de la circulation active du virus, le port du masque serait désormais obligatoire et ce, depuis mercredi 23 septembre. Une mesure prise en fonction des annonces préfectorales et du fait que le département passe en “zone “rouge”. Ce passage s’explique par la prévalence de cas aux 100 000 habitants : “Lorsque le taux d’incidence est de 50 cas pour 100 000 habitants, on passe le département dans le rouge, explique l’édile. Il y a 15 jours, nous étions à moins de 30 cas pour 100 000 et là, nous venons de passer à 60*. La progression est rapide mais la situation n’est pas critique. Elle est sensible et nécessite la plus grande vigilance.” Le taux de positivité est désormais de 3,5%. Toutefois, Patrick Genre l’admet lui-même : “Dans la région, nous avons 71 cas graves et 8 personnes en réanimation. Il n’y en a aucune dans le Doubs ni même aucun décès.”
“Alors pourquoi de telles précautions qui semblent démesurées face à l’incidence mineure du virus ?” entend-on dans les rangs du conseil. “Parce-qu’à l’heure actuelle, nous avons encore le moyen de stopper le virus ! Nous pouvons éviter que cela prenne l’ampleur catastrophique de mars et avril derniers, répond monsieur le Maire. Ces mesures sont critiquées et commentées mais ce sont les seules que nous puissions appliquer. Nous connaissons désormais les gestes barrières et il est indispensable de les appliquer pour ne pas sombrer à nouveau dans une situation dramatique. Aujourd’hui, elle ne l’est pas mais elle est préoccupante.” Patrick Genre ajoute qu’un certain nombre de foyers de contagion se sont développés à Pontarlier, en milieu professionnel et privé. “J’en appelle à la responsabilité collective et individuelle, clame-t-il. Essayons ensemble de différer les rassemblements qui peuvent l’être, de supprimer tout événement superflu.”
L’édile continue en énumérant les différentes mesures prises à ce jour : port du masque obligatoire dans les lieux clos mais également sur les parkings, à 50 mètres autour des établissements scolaires et, désormais, au coeur de la ville, dans une zone s’étendant de la rue des Capucins à l’Hôpital et la rue de l’Industrie. Nous assistons également à un retour en arrière pour tous les bâtiments de type L, c’est-à-dire les salles polyvalentes qui devront à nouveau séparer chaque personne d’un siège et ne pas autoriser les groupes de plus de 10 personnes issues d’une même famille. Pour les cérémonies telles que mariages ou enterrements, la règle des 4m2 par personne est remise en place. Enfin, les clubs sportifs pourront proposer une buvette à condition de pouvoir asseoir les gens. Même chose pour les bars et brasseries. Patrick Genre invite les entreprises à reprendre le télétravail, dans la mesure du possible. Et enfin, toute manifestation de plus de 10 personnes sur la voie publique devra faire l’objet d’une déclaration à la préfecture. L’objectif est clair : éviter à tout prix le confinement.

Une voix s’élève dans le conseil, celle de Bertrand Guinchard, adjoint à l’économie. Il se dit “inquiet pour le commerce et pour l’économie en général”. “Il y a une forte incohérence dans les décisions prises ! Pourquoi annuler des événements économiques et autoriser les rencontres sportives ? Il y a eu de très nombreuses annulations cette année, comme la Coulée du Mont d’Or et les comices. Ce sont des temps forts dans la vie économique et de nombreux commerçants du centre ville ont pâti de leur retrait. Et je ne cache pas ma crainte pour le marché de Noël”, souffle-t-il. Julien Toulet, conseiller municipal, travaille à l’hôpital. Il réagit à ces derniers propos : “Je prends ma casquette de soignant et exprime davantage mon inquiétude pour le service de réanimation que pour le marché de Noël !” Patrick Genre ajoute : “Toute la difficulté est justement de prendre des décisions et de les assumer. Aujourd’hui, tout est finalement autorisé pour les commerçants. On demande juste aux clients de porter un masque, ce qu’ils font déjà en grande surface. Et il est important de favoriser la vie sociale en autorisant des manifestations culturelles et sportives. Certaines associations se demandent même comment elles vont vivre l’année prochaine ! Il faut les aider ! Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises solutions, et nous demandons à la population de continuer à soutenir leurs commerçants, même avec un masque. L’objectif collectif est de canaliser ce virus.” Pour cela des gestes s’imposent, et ils sont appelés “barrières”.

Depuis les Capucins jusqu’à l’hôpital, il vous faudra avancer masqués

*Données ARS du dimanche 20 septembre