Haut-Doubs. Pontarlier : Témoignage d’une bénévole d’ASCOPONT

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Élèves, enseignants et personnels administratifs ont fait preuve de civisme pour réussir la rentrée en Franche-Comté. Image d'illustration

L’association ASCOPONT a été montée en un temps record pour palier le manque de protections sanitaires à destination, notamment, des professionnels, mais aussi des particuliers.

Très vite, une équipe importante de couturières bénévoles s’est montée afin de confectionner masques, blouses et calots de protection. Fortement impliquées dans leur nouveau rôle, ces bénévoles au grand cœur n’ont pas compté leurs heures pour coudre 20 000 masques durant les 8 semaines de confinement.
Une implication sans faille que traduit l’une de ces bénévoles qui a accepté de s’exprimer au nom de tous, sous couvert d’anonymat.

Comment s’est organisée l’association ?

Tout d’abord toutes les couturières et les bénévoles ont répondu présents très rapidement, sans se poser de question, le besoin de protéger ceux qui travaillaient et mais aussi son entourage était pressant  et il a fallu s’organiser dans l’urgence de la situation.
Chacun a fait selon ses disponibilités, ses capacités… un peu, beaucoup…. peu importe… l’important était de FAIRE… 8 semaines très intenses pour beaucoup d’entre nous, organiser, coudre, récupérer les masques, les distribuer, s’adapter aux nombreux changements auxquels nous avons du faire face car le mouvement prenait de l’ampleur. Jamais nous n’aurions imaginer que plus de 20 000 masques pouvaient être confectionnés par des petites mains bénévoles. Une véritable industrie mais chacun chez soi… Et encore nous sommes bien en dessous du chiffre car beaucoup de bénévoles ont ensuite cousu en direct pour les communes aux alentours de Pontarlier et nous n’avons pas eu tous les chiffres.

Comment vous sentez-vous à l’issue de ce confinement ?
Après plus de 8 semaines, les sentiments sont très partagés. Les couturières et l’ensemble des bénévoles sont fiers d’avoir participé à la protection de la population. Aujourd’hui chacun doit reprendre son travail, ses activités du quotidien… laissant quelque part un sentiment de vide , la sensation de l’arrêt de quelque chose tellement l’action a été belle et intense. Nous avons fait des connaissances virtuelles de personnes extraordinaires de générosité et de solidarité.  Les réseaux sociaux nous ont rapprochés alors que nous étions confinés. Une chaîne humaine incroyable qui laissera sans aucun doute des traces dans nos vies d’aujourd’hui. Des amitiés sont nées, des vocations peut être aussi… les masques tissus fait de fils ont tissé des liens au delà de l’action. Petite anecdote personnelle. Le dimanche 10 mai à la veille du déconfinement, alors que j’étais dans mon atelier de couture à faire des masques, j’avais une impression très forte de fin en me disant qu’en fait le 11 mai serait le début d’une autre chose car notre action touchait à sa fin.  Alors que pendant huit semaines, le seul objectif était de faire des masques … encore des masques mécaniquement sans penser à autre chose que protéger au plus vite le plus de monde possible. Huit semaines qui sont passées super vite. Nous avons tous été très occupés par toute cette couture inattendue. Un vrai travail à la chaîne dans les deux sens du terme !

Et maintenant ? 
Mais aujourd’hui, les masques d’état pour protéger l’intégralité de la population tardent à arriver. On est un peu frustré parce que le travail accompli aurait du être qu’une solution très temporaire.  Il y a encore trop de personnes qui n’ont pas accès aux masques réutilisables ( pensons aussi à notre planète!!!). Dans ce contexte, malheureusement chaque chose ayant une fin, nous devons passer le relais aux instances qui auraient du faire ce que nous avons fait dans l’urgence durant plus de huit semaines bénévolement, gratuitement, avec notre matériel, avec les nombreux dons de la population.

Si vous deviez résumer votre action en trois mots, lesquels choisiriez-vous ?
Solidarité, générosité, fierté !