Haut-Doubs. Pontarlier. Une conférence pour comprendre l’avenir du Comté

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Notre célèbre fromage est quelque peu chahuté

L’avenir de l’AOP du Comté semble ébranlé par de nombreux facteurs, qui fragilisent la filière pourtant florissante.

Nous sommes plus d’un foyer sur deux à consommer du comté au moins une fois par an. Ce fromage au lait cru à pâte pressée cuite fait le bonheur des amateurs qui le dégustent froid ou chaud, en fondue par exemple. Issu du lait des vaches de races Montbéliarde et Simmental française, il est produit dans environ 150 petites fromageries locales, appelées fruitières.
Ce délicieux fromage est fabriqué selon un cahier des charges très précis, répondant au label AOP auquel il a droit depuis 1996 (après avoir décroché un AOC en 1958). “Pourtant, certains signes interrogent sur la capacité de la filière à maintenir cette trajectoire, souligne Mathieu Cassez, ingénieur agronome.Un endettement en forte hausse, des attaques d’associations sur la pollution des rivières ou la dégradation des paysages, fragilisation avec le réchauffement climatique et l’épisode du coronavirus…”. Il ajoute : “L’AOP Comté a jalonné son parcours depuis les années 80 de succès économiques, sociaux et d’une bonne image environnementale. Ses éleveurs
affichent des résultats économiques détonants dans une filière laitière nationale
sinistrée, et disposent de moyens de productions et de conditions de travail attractifs. Cette réussite est le fruit d’une politique de coopération, de maîtrise de la production et de contrôle des prix tout à fait originale et très astucieuse.” Autant d’éléments qui jouent en faveur d’un avenir optimiste, même si les signes précités s’avèrent inquiétants. L’ingénieur se pose alors la question suivante : “L’AOP Comté saura-t-elle être au rendez-vous des nouveaux enjeux du 21e siècle ?” Pour tenter d’apporter des éléments de réponse et en débattre, Mathieu Cassez vous donne rendez-vous à une conférence lundi 2 novembre, à la salle Morand, à 18 h 30. L’entrée est libre.