Haut-Doubs. Une météo plus chaude et ensoleillée sur Pontarlier qu’à Besançon ?

Depuis plusieurs semaines, les températures enregistrées sur Pontarlier étaient parfois plus haute qu'à Besançon, avec un ciel clair et ensoleillé. Un phénomène météorologique rarement aussi persistant mais toujours naturel.

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Cela ne vous a certainement pas échappé, la descente en direction de Besançon (ou la montée en direction de Pontarlier pour les plus chauvins) est parsemée d’épais brouillard où le froid est plus intense, où la météo semble triste… Alors que dans le « Haut » depuis les début du mois de novembre, le soleil rayonnait quasiment tous les jours et les températures montaient parfois jusqu’à 13° en après-midi.

Comment alors peut-il faire plus froid en bas, à Besançon, qu’en haut ? Un phénomène météorologique récurrent expliqué par Bruno Vermot-Desroches, chargé de mission pour Météo France. « C’est une couche d’inversion ou une inversion de température. Quand il n’y a pas de vent, la masse d’air est stable. La nuit, la température se refroidit car il n’y a plus de soleil et que le sol ne rayonne plus l’énergie engrangé la journée. L’air froid de la nuit, par densité, est plus lourd que l’air chaud et reste donc au fond « de la cuvette » sans pouvoir se mélanger. L’humidité des basses couches comme dans la vallée du Doubs amène une vapeur d’eau qui se condense dans cet air très froid, créant un brouillard épais. L’anticyclone de ces dernières semaines n’a pas apporté de vent sur Besançon ou dans les autres secteurs touchés par ce phénomène. Donc il faisait naturellement plus froid à Besançon qu’à Pontarlier. »

L’incertitude jusqu’au dernier moment pour la neige

Cette couche d’inversion emprisonne aussi les polluants d’une ville qui stagnent au même endroit (le « smog »), pouvant avoir un impact néfaste plus important. En temps normal, ce phénomène à plus petite échelle se produit le soir et le matin lorsqu’on passe devant des champs par exemple, et que l’on aperçoit une petite brume. Le soleil réchauffe le sol et l’air  et le vente dissipe cette couche.

L’autre attente, au niveau local et national, c’est une potentielle vague de froid prévue ces prochains jours. Une annonce que préfère tempéré Bruno Vermot-Desroches. « C’est l’une des premières de la saison donc le monde en parle mais il n’y a rien d’alarmant. Les jours sont plus courts donc on perd plus d’énergie solaire que l’on en gagne et il fait de plus en plus froid. Cela se conjugue avec des centres d’actions ciblés, comme c’est arrivé ce week-end. Une goutte froide venue du Nord-Ouest a fait tomber quelques centimètres de neige sur le massif jurassien. » Pour annoncer de la neige, les météorologues doivent désormais attendre le dernier moment. « Il y a trop d’incertitudes pour être précis sur l’altitude. »

Martin SAUSSARD