Haut-Doubs. Quel avenir pour les manifestations mémorielles ?

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Les cérémonies sont importantes mais ne sont pas le seul levier de transmission de la mémoire.

En cette période où bon nombre de communes commémorent leur libération en 1944, beaucoup s’interrogent sur la transmission de la mémoire collective. Président national du Souvenir Français, Serge Barcellini a accepté d’apporter son analyse.

« Les cérémonies donnent vie au souvenir avec des journées de commémorations parfois nationales donc voulues par l’Etat ou alors locales quand il s’agit de rendre hommage aux libérateurs d’une ville par exemple » explique Serge Barcellini, président national du Souvenir Français qui s’interroge sur l’avenir de la transmission de la mémoire collective sans pour autant être pessimiste. « La mémoire ne se résume en effet pas à la vie commémorative. Le travail de notre association est tout aussi essentiel quand il s’agit de sauver des tombes ou des monuments et de transmettre en emmenant par exemple des écoliers sur des sites historiquement importants ».

Sans nier le déclin souvent constaté du nombre de participants aux différentes cérémonies, le président y voit plusieurs raisons dont l’inéluctable disparition des anciens combattants qui sont justement à l’origine de ces hommages traditionnels rendus aux monuments aux morts depuis plus d’un siècle.

« Parallèlement, l’Etat nous impose un nombre de journées nationales en croissance exponentielle. On en dénombre 17 à ce jour…c’est un record mondial ! ». Il invite donc chacun à s’interroger sur l’utilité de cette inflation avec de fait des dates qui passent quasiment inaperçues aux yeux du grand public pourtant cible de ces hommages. « Pour fédérer les gens autour de leur histoire commune, il vaut sans doute mieux être présents sur le terrain pour se souvenir de la libération d’une ville ou des combats de maquisards, c’est plus concret ».

Serge Barcellini invite donc les représentants de l’Etat à mener une réflexion urgente sur ce sujet loin d’être anodin. Avec une conviction personnelle qu’il souhaite partager pour que les français puissent sereinement « faire Nation » selon l’expression consacrée, c’est-à-dire avoir une mémoire commune et partagée : « Pour moi, seules quatre dates doivent subsister : la fête nationale du 14 juillet ; les 8 et 9 mai pour commémorer la victoire sur le nazisme et fêter l’Europe ; le 11 novembre pour tout ce qui concerne la mémoire combattante ; et un autre moment à définir pour célébrer les droits de l’homme ».