Haut-Doubs. Saugeais : De l’importance des gestes de premiers secours

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Les formations de Sauveteur Secouriste du Travail ne sont pas obligatoires mais fortement recommandées

Fortement conseillée mais pas obligatoire, la formation Sauveteur Secouriste au Travail (SST) permet d’acquérir les gestes de premiers secours. Une formation qui a sauvé la vie de Christian …

“Venez vite ! Christian vient de faire un malaise ! Il va mourir !” Ces mots résonnent encore dans la tête de Patricia Louis, employée à l’expédition d’une société saugette. Ils sont prononcés par l’une de ses collègues, prise de panique à la vue de Christian, un solide gaillard de 120 kilos, inanimé. Patricia reçoit une décharge d’adrénaline qui lui donne des ailes. En moins de deux, elle se retrouve aux côtés de la victime :”Il était déjà cyanosé. Je lui ai immédiatement ouvert ses vêtements et écouté sa respiration. Aucun souffle ne sortait de ses lèvres. J’ai donc commencé un massage cardiaque, avec une force que je ne me connaissais pas. Je ne pensais à rien d’autre ! Et surtout, je ne me savais pas capable de réagir de la sorte, avec autant de maîtrise de mes émotions.” Les gestes de premiers secours que Patricia a prodigués à son collègue lui avaient été enseignés lors d’une session de formation de SST, organisée par sa direction : “Elle devrait être obligatoire, s’exclame Patricia. Sans cette formation, nous n’aurions pas su réagir, ni su comment faire. Grâce à elle, j’ai pu réaliser un massage cardiaque efficace … même si, au passage, deux côtes de Christian en ont pâti !” Un moindre mal quand on sait que sans l’intervention rapide et maîtrisée de Patricia, Christian n’aurait sans doute pas survécu. Aujourd’hui, bien que toujours hospitalisée, la victime est hors de danger.
A l’arrivée du SAMU, Patricia a passé le relais aux professionnels et a dû s’asseoir, l’adrénaline ayant pris la poudre d’escampette. « Je ne réalisais pas vraiment ce qui venait de se passer. Je sais juste qu’une fois les services sur place, je me suis retrouvée sans force, vidée. Je me suis assise, j’ai bu un verre d’eau et, comme c’était la fin de mon service, j’ai pu rentrer chez moi. Je n’ai pris conscience de la situation que quelques jours plus tard, avec du recul. Je suis vraiment heureuse que les choses se finissent bien et je remercie l’entreprise d’avoir mis en place cette formation aux premiers secours. A mon sens, et au vu de ce qui s’est passé, tout le monde devrait la passer, sans exception. »
Présentée toutes les deux ans, avec un recyclage programmé sur le même laps de temps, la formation SST connaît un sérieux engouement dans les rangs de l’entreprise. Des employés, jusque-là réticents à la passer, ont pris conscience de son importance et se portent volontaires pour les prochaines sessions.
D’autant plus, comme le souligne Patricia, que les gestes appris, sont aussi utiles en entreprise qu’à l’extérieur. « On aimerait ne jamais avoir à s’en servir, conclut-elle. Mais lorsque le cas se présente, on est bien content de les connaître ! »
Pour rappel, en France, on dénombre 5 millions d’accidents domestiques dont 15 000 mortels, 1 million d’accidents du travail dont 1300 mortels et 40 000 décès inopinés d’origine cardiaque. Christian aurait pu entrer dans cette dernière statistique mais le sang-froid et le savoir-faire de Patricia lui ont sauvé la vie.
Il est conseillé que chaque entreprise dispose de 10 à 15% de salariés formés SST. Bien évidemment, plus il y a de personnes formées et mieux c’est. L’exemple concret qui vient de se dérouler en pays Sauget le démontre bien.