Haut-Doubs. Saugeais : Une nichée extraordinaire à Gilley

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La femelle s'apprête à nourrir ses petits avec un délicieux grillon rapporté par le mâle. Photo : François Vuillemin

En plein cœur de la capitale économique du Saugeais se trouve une nichée extraordinaire, qui ravit chaque année les amoureux de la nature.

Un matin de mai, le 15 précisément, de petits cris se font entendre depuis l’un des pignons spécifiquement aménagés de la ferme de Pierre Remonnay. Ils proviennent d’une nichée fraîchement éclose de faucons crécerelles. Ils sont cinq au total à avoir percé leur coquille, sur les six œufs pondus.
Comme le font toutes les femelles de leur espèce, la maman a soigneusement couvé ses œufs pendant environ un mois. Pendant ce temps, le mâle, très attentionné, l’a nourrie de micro-mammifères, comme des souris ou des campagnols (une aubaine pour les agriculteurs du coin qui voit la venue de ce rongeur d’un très mauvais œil !). A leur naissance, les fauconneaux arborent un duvet blanc avant de se parer de leurs couleurs d’adultes. Le mâle adulte est contrasté : queue grise, avec parfois quelques barres noires, à large bande subterminale noire, tête grise, dos roux moucheté de noir, comme le décrit la Ligue Protectrice des Oiseaux. La femelle, quant à elle, est généralement plus grande que le mâle, est brune, avec le dos et la queue barrés de noir, cette dernière étant parfois fortement teintée de gris, principalement sur sa partie proximale et comportant, comme le mâle, une bande subterminale. Le faucon crécerelle fait partie des petits falconidés puisque sa taille n’excède pas celle d’un pigeon.
Depuis le 15 mai, la femelle est restée avec ses petits afin de les protéger des prédateurs. Le mâle a continué à chasser pour sa famille agrandie et c’est la femelle qui se charge de nourrir les petits avec les proies rapportées. D’ici quelques jours, les jeunes chercheront à prendre leur envol dans le but, notamment, d’apprendre à chasser. Ils seront toutefois encore nourris par leurs parents pendant deux à quatre semaines avant de quitter définitivement le nid. Certains d’entre eux resteront dans leur région de naissance tandis que d’autres, plus hardis, s’envoleront vers de nouveaux horizons.

Une espèce à surveiller

Le faucon crécerelle fait partie des espèces à surveiller, avec un déclin présumé de 20%. La principale menace concernant le falconidé est l’appauvrissement général des milieux naturels. La nourriture s’en trouve largement diminuée en quantité et en qualité. « Les impacts du remembrement, le développement des monocultures et la disparition des prairies naturelles ainsi que des friches sont cités comme principaux facteurs de dégradation des habitats occupés par l’espèce”, souligne la LPO. Les faucons crécerelles vivent en moyenne 23 ans.

Pour venir en aide à l’espèce, les moyens sont assez limités. La préservation de zones de cultures extensives, de friches et de jachères non traitées, maintien de prairies permanentes et de milieux bocagers par exemple. Il s’agit là de mesures agrienvironnementales.
Concernant les particuliers qui souhaiteraient intervenir en faveur du faucon crécerelle, une proposition de nichoir est une bonne alternative. C’est ce qu’a confectionné Pierre Remonnay, sur sa magnifique ferme comtoise rénovée avec soin. Sur les pignons de sa bâtisse, il a fabriqué des accès à la fois esthétiques et utiles en faveur de toutes sortes d’oiseaux, dont les chouettes et, le cas échéant, des faucons crécerelles.