Haut-Doubs. Un nouvel an pas comme les autres

541
Le Nouvel An s'annonce avec à son bord l'espoir d'une année meilleure que celle qui vient de s'écouler. Quelle que soit la façon dont nous nous apprêtons à le célébrer, une chose est certaine : nous serons tous heureux de mettre un terme à cette année 2020.

D’ordinaire, nous célébrons la fin d’une année et le début de la suivante avec joie et dans un esprit festif. Cette année, même si la joie de terminer enfin 2020 sera bien présente, il faudra le faire en toute sécurité et avec distanciation sociale.

Le 24 décembre au soir, nous serons libres de circuler comme bon nous semble afin de célébrer Noël tranquillement, une fête familiale par excellence. Mais la réalité de la situation sanitaire nous rattrape bien vite puisqu’au soir du Nouvel An, le couvre-feu sera de mise et un renfort exceptionnel de plus de 100 000 policiers devrait dissuader les fraudeurs. A compter de 20h, il ne sera plus permis de circuler et ce, jusqu’à 6h le lendemain matin. Une condition qui ne va pas vraiment changer les plans de Caroline* pour ce réveillon : « Nous invitons un couple d’amis à venir passer la soirée du 31 avec nous. Ils ont plus d’une heure de route, il était donc hors de question initialement de les laisser repartir. Donc, foncièrement, ça ne change absolument rien pour nous ! Il faudra juste qu’ils soient à peine plus ponctuels qu’à leur habitude et qu’ils arrivent avant 20h ! » Ce cas en appelle d’autres et pour la grande majorité, il n’est pas question de ne rien faire pour cette soirée : « A la base, nos amis devaient reprendre la route pour rentrer chez eux à l’issue du réveillon mais du coup, chacun apporte son sac de couchage et on va se faire un gros dortoir dans le salon », lance Camille*, une jeune trentenaire de Levier. Une idée reprise à la cantonade. « On ne va pas risquer une amende juste parce qu’on veut rentrer chez nous, poursuit Stéphane de Valdahon. Ca nous permettra de poursuivre la fête jusqu’au bout de la nuit ! »
Et voilà sans doute la faiblesse du couvre-feu, surtout pour le réveillon : l’apéritif va débuter plus tôt que d’habitude, les verres vont se remplir et se vider sur une longue période nocturne. Il y a fort à parier que certains d’entre nous, à l’instar de Stéphane, profiteront de cette soirée étendue pour boire jusqu’au petit matin, sans fermer l’œil de la nuit avant de prendre le volant dès potron-minet pour rentrer dormir chez eux. L’alcool et le sommeil forment un cocktail explosif au volant et les risques d’accident sont alors accrus. Les autorités le soulignent : dès que c’est possible, dormez sur place et ne reprenez la route qu’en étant certains de ne pas être alcoolisés et d’être suffisamment reposés. Autant de précautions qui valent pour votre vie et celle des autres usagers de la route.
Et puis, il y a les récalcitrants, ceux qui, de toute façon, n’ont jamais vraiment fêté le nouvel an et qui ne changeront rien à leurs habitudes. Comme Agathe* : « J’ai horreur du Nouvel An ! Me forcer à faire la fête alors qu’après les festins de Noël, personnellement, je n’ai qu’une envie, c’est de me mettre à la diète et de dormir trois jours ! Avec mon compagnon, on se concocte un repas sympa et léger, on trinque à minuit en pyjama généralement et on va se coucher dans la foulée. Il nous est même arrivé de nous souhaiter la bonne année le lendemain matin…on n’avait pas tenu jusqu’à minuit ! »
Et nos anciens ?
Marie-Françoise est inquiète. La septuagénaire de Besançon avoue bien volontiers qu’elle va limiter les échanges, même si cela lui coûte : « Je vais profiter de Noël pour retrouver mes enfants et mes petits-enfants. Nous serons prudents bien sûr mais je ne conçois pas Noël sans eux. En revanche, pour le Nouvel An, ce sera en tête-à-tête avec mon chien ! J’aurais pris des risques une semaine plus tôt, je serai donc sage pour la nouvelle année. » Une décision sensée si l’on en croit les chiffres alarmants qui courent dans le département et qui appellent à la plus grande prudence. Maryse* les a entendus ces chiffres et avoue dans un soupir : « Je pense que je vais me priver de toutes les fêtes cette année, et ne pas passer Noël non plus avec ma fille et mon gendre. Nous risquons d’être au-delà de la jauge conseillée et cela m’angoisse un peu. Je préfère donc remettre à l’année prochaine…en espérant que la situation aura évolué positivement d’ici là ! »
Une question que l’on se pose tous !
*Prénom d’emprunt

Pour certains d’entre nous, les fêtes se passeront en solitaire