Haut-Doubs. Une petite histoire de masques …

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Les masques, dans la ligne de mire du gouvernement. Une nouvelle loi qui suscite bien des passions.

Les masques de protection sanitaires sont désormais obligatoires dans tous les lieux publics clos et ce, depuis lundi 20 juillet dernier. Retour sur ce qui est aujourd’hui devenu un symbole de cette crise qui n’est pas que sanitaire.

Tout a commencé en janvier dernier, le 26 précisément, lorsqu’Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, déclarait haut et fort que le stock de masques était largement suffisant pour faire face à une éventuelle épidémie de coronavirus. Le 4 mars suivant, le Président de la République, sentant, mais un peu tard, que finalement, ce ne serait peut-être pas suffisant, réquisitionne tous “les stocks et la production de masques de protection” afin de les distribuer au personnel soignant ainsi qu’aux personnes atteintes de la maladie. Le 13 mars, Édouard Philippe, premier ministre de l’époque, prend un décret de réquisition des masques de protection et ce, jusqu’au 31 mai. Mais la population ne tremble pas (beaucoup) puisqu’on lui martèle que le masque n’est pas indispensable pour se protéger du virus et que seuls comptent les gestes barrières. Des hectolitres de gel hydroalcoolique sont donc vendus. Pas de soucis d’approvisionnement, ça, on en a ! Quant aux masques, ils passent, en mai, “d’inutiles” à “contre-productifs”. Nous voilà rassurés ! Toutefois, de nombreux bénévoles n’hésitent pas à coudre des masques “maison” pour se protéger eux-mêmes mais aussi pour en distribuer à tous, personnel soignant, malades, particuliers, professionnels … Tous apprécient le geste désintéressé de ces personnes au grand coeur, notamment les professionnels de santé qui se sentent bien seuls face à une pénurie sévère de matériel de protection. Même nos élus, quels qu’ils soient, saluent l’effort fourni par ces petites mains de l’ombre.
Puis, vient le temps du déconfinement avec à la clé un miracle : les masques affluent par millions dans les centres commerciaux. Ils deviennent alors indispensables, aux dires de nos dirigeants, qui ne jurent que par eux. Nous devrions tous en porter pour nous protéger et protéger les autres. Après avoir subi les assauts de clients avides de pâtes et de papier toilette, les supermarchés font face à une ruée sur les boîtes de masques, vendues jusqu’à 10 fois plus cher qu’en temps normal, hors épidémie* Une surprise de taille qui n’effraie pourtant pas les consommateurs puisque les ventes explosent. Parallèlement, les masques cousus main sont pointés du doigt comme étant inadaptés et potentiellement dangereux. Les couturières (et couturiers) qui les vendaient à moindre coût se voient obligés de stopper net leur commerce, sous peine de lourdes sanctions. Toutefois, ils peuvent continuer à en donner ou à s’en servir eux-mêmes. Pour conclure, nous pouvons tout à fait porter des masques en tissu, à condition de ne pas empiéter sur un marché aujourd’hui juteux.
Et nous voici en cette fin de Juillet avec une obligation qui nous pendait (déjà) au bout du nez : l’obligation de porter un masque en tout lieu public et clos. Et parce-que le Gaulois résiste, il semblait nécessaire de le réprimander lourdement en cas « d’oubli », à savoir une amende de 135€.

Il y a les pour …
De nombreuses voix se font entendre face à cette annonce et pour certaines d’entre elles, c’est un devoir civique que chacun devrait respecter. « Cela aurait dû être obligatoire depuis longtemps, soupire Aurélie résidant en plein cœur de la Bretagne où le virus fait parler de lui.En plus, nous sommes en période estivale et ça remue beaucoup ! » Pour Anne, c’est presque une question de survie : « Je suis une personne à risque, comme ma fille. Dès que je sors, je me protège, c’est aussi simple que ça ! » Eléonore, maman de trois enfants, n’hésite pas à s’équiper elle-même, ainsi que ses propres enfants : « Ils portent le masque et la visière sans problème. Donc, si même un enfant de 2 ans peut le faire, des adultes devraient pouvoir y arriver aussi, non ? »
Quant à Guy, dynamique retraité, il évoque avant tout un respect envers tout ceux qui se mettent chaque jour à notre service.
C’est donc le respect des autres qui prime parmi toutes les personnes qui sont pour cette mesure et qui, majoritairement, trouvent dommage qu’il faille passer par une loi pour en prendre conscience.

Et puis, il y a les contre…
Elodie** ne mâche pas ses mots : « Je pense que le port du masque est une belle et grosse bêtise*** … Une belle manipulation ! Si les personnes mettent des masques non stop, elles ne fabriquent plus aucune immunité et en plus, elles s’auto asphyxient ! Contrairement à ce qu’ils (les membres du gouvernement, NDLR) nous disent, le fait de booster son système immunitaire aide à lutter contre cette très mauvaise grippe. Mais aucune inquiétude, les cobayes humains sont en cours d’utilisation pour un super vaccin, plus les contrôles “Corona” sur portable et compagnie… Bienvenue dans le nouveau monde : celui de la manipulation consentie !” Des propos forts approuvés par Françoise et Valérie qui abondent dans le même sens, notamment concernant la baisse du système immunitaire et le fait que l’on s’asphyxie dans son masque. Toutes trois s’accordent sur un autre point : elles ne sortiront en lieu public qu’en cas d’extrême nécessité et, par respect de la loi et de leurs concitoyens, porteront ce fameux masque.

Et les médecins dans tout ça ?

Là aussi, les avis divergent. Certains médecins se rangent du côté du gouvernement en prônant le port du masque tandis que d’autres abondent dans le sens d’Elodie, en évoquant un affaiblissement du système immunitaire collectif. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si oui ou non il faut porter le masque puisque la loi nous y oblige. La véritable question serait plutôt : quelles seront les véritables conséquences d’un tel geste à long terme ?

*Source : 60 millions de consommateurs
** Prénom d’emprunt
*** Le mot employé par Elodie était moins poli

Un profil désormais abordé par tout le monde.