Haut-Doubs. Une terre de solidarité agricole

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Les fruitières sont un bel exemple de la solidarité du monde agricole.

Dans le monde agricole, la solidarité n’est pas un vain mot. Au-delà des coups durs ponctuels, c’est même devenu un des fondements de l’exercice de la profession dans le Haut-Doubs notamment.

Récemment encore, des incendies ont durement touché des exploitations agricoles du secteur et ont prouvé la capacité de mobilisation des agriculteurs pour venir en aide à l’un des siens. Téléphone et réseaux sociaux ont certes remplacé les cloches de l’église sonnant à toute volée mais, dès l’alerte donnée, tracteurs et bétaillères convergent pour mettre en sécurité troupeau et matériel.

Unir ses forces est un principe qui s’inscrit dans l’histoire même de cette profession qui s’est développée autour de deux outils principaux.

La création des fruitières d’abord qui a été pour les paysans du Haut-Doubs l’opportunité de mettre en commun leurs talents et surtout leur production pour fabriquer des fromages. Plutôt que de fabriquer chacun dans sa ferme, d’autant qu’ils n’avaient pas une production journalière suffisante, ils ont mutualisé. D’abord en embauchant un fromager qui va se déplacer de ferme en ferme dans les alentours avec son chaudron et assurer la fabrication suivant un tour bien défini, en fonction de l’importance de la production des sociétaires. Avant qu’au fil des décennies le système ne se développe pour arriver à l’organisation qui perdure aujourd’hui encore.

Dans ce même état d’esprit, la création des Cuma, des sociétés coopératives agricoles, a été une étape importante dans l’histoire de l’agriculture. Même s’il a fallu changer les habitudes à l’heure de la mécanisation de la profession, l’achat de matériel en commun a permis à beaucoup de disposer d’outils modernes et performants pour lesquels ils n’auraient jamais pu investir seuls.