Haut-Doubs. Val de Morteau. A quoi sert le pointage en agriculture ?

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Le pointage demande beaucoup de connaissances et de précisions.

Dans nos campagnes, les concours de pointage sont une véritable institution. Loin d’une simple animation qui pourrait paraitre folklorique aux non-initiés, ils ont une utilité importante pour l’avenir de la race Montbéliarde. « C’est un système qui permet de décrire la morphologie de l’animal à partir d’un système de notation portant sur près de 30 points précis » explique Philippe Maitre, directeur de Montbéliarde Association. Mamelles, aplombs, corps, bassin, aptitude bouchère… plus la vache obtient de points et mieux c’est. « Sauf pour certains critères comme l’angle du jarret pour lequel, entre 1 et 9, la meilleure note est le 5, l’optimum intermédiaire » précise le spécialiste. Les professionnels vont encore plus dans le détail, y compris en utilisant leur canne-toise pour définir la hauteur au sacrum, la largeur et la profondeur de la poitrine, la profondeur du flanc, les dimensions des hanches ou des trochanters, la longueur et le diamètre des trayons… Un inventaire que ne renierait pas Prévert !

Génétique et économie

« Il s’agit en fait de comparer les vaches les unes aux autres pour connaitre leurs aptitudes à transmettre telles ou telles caractéristiques et donc de pouvoir faire correspondre ces caractéristiques avec celles du taureau lors de la reproduction » poursuit le directeur. Tous ces détails morphologiques ont également un aspect économique non négligeable : « C’est important pour estimer le futur poids de réforme qui déterminera le prix de vente à la filière viande. On peut aussi indirectement sélectionner sur l’aptitude à produire du lait en quantité et en qualité».

Le pointage est donc une affaire sérieuse, un métier à part entière qu’exercent des professionnels spécialistes d’une race comme celle de la Montbéliarde. C’est un outil précieux pour conduire une exploitation, ce qui explique sans doute que sur une année, environ 60000 Montbéliardes sont ainsi scrutées au niveau national. Mais le pointage est aussi l’objet de concours régulièrement organisés sur le territoire. Dans les cantons, puis à l’échelle départementale afin de se qualifier pour le concours général qui se tient chaque année lors du Salon International de l’Agriculture. « Les concours locaux rassemblent des jeunes amateurs passionnés qui s’essaient à l’appréciation de vaches sous l’œil d’un jury plus aguerri » termine Philippe Maitre satisfait de cet engouement pour la Montbéliarde, signe d’une bonne santé de la race.