Haut-Doubs. Val de Morteau. La Suisse dépendante de ses frontaliers

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La crise ne fait que confirmer l'interdépendance entre France et Suisse.

Voilà une affirmation qui a de quoi faire bondir nos voisins et réjouir de ce côté-ci de la frontière. D’autant plus qu’elle émane d’économistes helvètes qui argumentent, chiffres à l’appui.

« La crise sanitaire a mis en relief le rôle crucial joué par les actifs transfrontaliers. Au plus fort de la pandémie au printemps 2020, ils pouvaient franchir les frontières malgré les blocs de béton barrant l’accès à la plupart des douanes. Des voies leur avaient même été dédiées tandis que sur les pare-brise un macaron indiquait pour certains service prioritaire » note l’Office fédéral de la statistique qui compte sur le territoire suisse 341 000 frontaliers titulaires du permis G (221 000 hommes, 120 000 femmes) dont 152 000 dans les cantons romands de Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel et du Valais. Plus de la moitié de ces travailleurs pendulaires qui passent chaque jour la frontière viennent de France. Industrie (24%), commerce (14%), activités scientifiques et techniques (10%), santé humaine et action sociale (10%), services administratifs (10%) concentrent la plus grade partie de ces effectifs.

Ces frontaliers ont été particulièrement touchés par la crise, davantage que les travailleurs résidant en Suisse, ce qui se traduit en 2020 par une hausse record de 13% dans leurs rangs par rapport à 2019. Le secteur de l’hôtellerie-restauration a été particulièrement touché et l’office craint une nouvelle hausse avec toute une série de contrats à durée déterminée qui ne seront pas reconduits et des missions d’intérim suspendues

Un pessimisme qui est heureusement compensé par une bonne nouvelle qui va réjouir les frontaliers. Comme une reconnaissance avec écrit noir sur blanc « la Suisse est dépendante des frontaliers ». 20% du PIB du pays, donc de la richesse créée, l’est grâce à ces travailleurs venus chaque jour des pays voisins. Mieux, cette étude met fin a une idée trop longtemps répandue affirmant que les frontaliers ne consomment rien en Suisse. Si ce fut le cas par le passé, aujourd’hui, la tendance n’est plus la même. Une bonne nouvelle pour les relations franco-suisses et la perception qu’ont les uns des autres. Car si la Suisse est bien dépendante, nul en France ne pourra nier que la zone frontalière du Haut-Doubs et du Pays Horloger l’est tout autant dans l’autre sens. C’est ce qu’on appelle une communauté de destins !