Haut-Doubs. Val de Morteau. Oui, ici, il gèle aussi en été !

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Le gel en été n'étonne pas du tout Ilyès Ghouil, le jeune "monsieur météo franc-comtoise".

Voilà une information qui peut étonner les touristes et nouveaux arrivants dans le Haut-Doubs mais pour les gens d’ici rien d’étonnant. On a l’habitude des grands écarts de températures !

Nous sommes début juillet dans un paisible village du Val de Morteau. Au petit matin, le soleil commence à peine à se lever quand un automobiliste approche lentement de sa voiture et là, c’est la stupeur ! Il va devoir sortir une arme bien connue des montagnards avant de démarrer : son grattoir ! Le pare-brise est en effet bien gelé comme en automne ou en hiver. « Cette nuit là on a enregistré une température de -0,7° à la Brévine côté suisse ce qui peut se retrouver aussi en France dans certains coins reculés » explique Ilyès Ghouil qui gère la page Facebook Météo Franc-Comtoise. « C’est habituel dans le Haut-Doubs où par exemple lors de l’été 1962 avait été enregistrée une température de -4° à Mouthe, commune je le rappelle où en moyenne il gèle près d’un jour sur deux ! ». Très précis et documenté sur le sujet, le jeune homme ajoute également que pour assister à ce phénomène de gel estival, certaines conditions doivent être réunies : « Une nuit dégagée avec un sol humide après de la pluie les jours précédents favorise la baisse des températures nocturnes ». Et puis, il ne faut pas oublier que le Haut-Doubs est très atypique en matière de climat « avec des caractéristiques qui relèvent à la fois d’un climat continental mais aussi d’un climat océanique et bien sûr du montagnard ».

Une question se pose après avoir constaté ces nuits fraîches…Une canicule est-elle exclue cette année ? « Pas du tout. On est vraiment dans une région comme il n’en existe nulle part ailleurs en France. On peut comme dans le Val de Morteau avoir une température officiellement relevée en hiver de  -29°C en 1985 et +36° comme en 2015…soit une amplitude de 65° » souligne Ilyès en ajoutant qu’il faut être costaud pour supporter ça ! Gratter son pare-brise en juillet ne signifie donc pas qu’avant septembre on connaisse trois jours consécutifs à 33° ou plus combinés à trois nuits à 20° minimum, ce sont les critères d’une canicule. Et là, à la place du grattoir il faudra une bonne climatisation !