Haut-Doubs. Val de Morteau: stop aux randonnées aquatiques

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Randonner dans le lit de la rivière en pareil cas ne fait qu'empirer la situation.

Il y a tant d’autres sentiers à emprunter…alors pourquoi marcher dans un cours d’eau ? Une mode qui irrite et mérite quelques explications pour y mettre fin. Les pêcheurs se veulent pédagogues.

Les milieux aquatiques sont fragiles. Voilà un constat partagé par tous les amoureux de la nature, pêcheurs en tête. Outre l’impérieuse nécessité de les protéger contre toutes les sortes de pollution qui lui font tant de mal depuis des années, il est donc important aussi de redoubler de vigilance face à des phénomènes nouveaux. Exemple avec le ruisseling, terme désignant les randonnées aquatiques qui se multiplient ces dernières années. Marcher dans un cours d’eau, souvent déjà fragilisé, n’est en effet pas anodin. « tout l’habitat et la faune qui s’y trouvent sont piétinés et ça touche la structure même du lit de la rivière en mettant à mal les végétaux et les insectes qui s’y abritent » déplore Philippe Grosso, président de la l’AAPPMA (Association Agréée de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques) la Gaule Mortuacienne. L’impact sur l’écosystème est tout aussi conséquent en période d’assec, quand le Doubs disparait totalement au cœur de l’été, laissant place à une zone désertique où les curieux sont nombreux à aller marcher, faire des tas de cailloux voire rouler en VTT.

« Ces attitudes sont destructrices. C’est bien souvent un phénomène de mode qui séduit des gens aimant la nature… c’est paradoxal ». Aussi, plutôt que d’appeler à interdire et à punir, le plaide pour une sensibilisation accrue comme c’est le cas auprès des pêcheurs eux-mêmes qui ne doivent pas entrer dans l’eau en période de fraie des ombres par exemple. « Ce sera sans doute plus productif et intelligent d’expliquer aux gens le mal qu’ils font involontairement alors qu’ils peuvent l’éviter facilement ». Des panneaux pourraient être posés ici ou là pour rappeler que même au plus bas, un cours d’eau abrite un écosystème indispensable. Et que tout milieu naturel en souffrance, comme c’est le cas pendant un épisode de sécheresse, est par définition encore plus fragile. Alors à défaut de marcher sur l’eau, exploit qui n’a pas été renouvelé depuis plusieurs siècles… les adeptes de marche à pied seraient bien inspirés de regagner les sentiers traditionnels.