Haut-Doubs. Vivre avec la maladie de Lyme

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Plus de 50 000 nouveaux cas sont détectés chaque année en France. Des chiffres largement sous-estimés selon les associations de patients

Chaque année, dès les premiers beaux jours, les recommandations concernant les tiques et plus précisément la maladie de Lyme, pleuvent. Des conseils que certains ignorent, pensant que la maladie ne doit pas être si terrible.

Pourtant, elle est loin d’être anodine. Ludivine, habitante du Doubs, est porteuse de la maladie depuis plus d’un ans. Peut-être, voire sans doute plus, mais le diagnostic a été posé en 2019, à la suite d’une piqûre… de guêpe ! “Je me suis fait piquer par une guêpe en juillet 2018. L’endroit de la piqûre était visible sur ma jambe. En mars 2019, cette partie est devenue rouge, gonflée. J’avais également très très mal dans les jambes. Et j’étais très fatiguée. Mon médecin traitant m’a prescrit une antibiothérapie sur 14 jours qui, loin d’être efficace, a exacerbé les symptômes. J’avais des douleurs aux articulations comme des sensations de coup de poignards dans les mains, les épaules et le foie. J’avais également des maux de têtes. Certains matin je n’arrivais pas a me lever.” Ludivine enchaîne en affirmant que ces symptômes ont diminué à la fin de la prise du médicament. Mais ils n’avaient pas totalement disparu. “En Juin 2019, a nouveau des douleurs dans les jambes et toujours cet érythème migrant a la jambe.” L’érythème migrant est une preuve de la présence de Lyme dans le corps. Un des médecins qu’elle consulte lui prescrit une prise de sang, dont le fameux test Elisa, aux résultats souvent contestés. Il revient positif mais les résultats d’un second test font douter le médecin qui décrète que cela ne peut pas être Lyme. Ludivine s’en retourne donc vers un médecin spécialisé de la maladie, basé à Ornans. Ce dernier confirme la maladie au vu des nombreux symptômes développés par Ludivine tout en lui affirmant qu’elle ne serait jamais reconnue comme malade par les institutions françaises. Une nouvelle antibiothérapie est proposée à Ludivine qui vivra alors 21 jours d’enfer, clouée au lit. Toutefois, le traitement endort la maladie pendant quelques mois. En février 2020, les symptômes reviennent avec une nouveauté : des troubles de la vue. “Je commençais à perdre l’usage d’un œil, précise Ludivine. Je me suis donc renseignée auprès de médecins suisses, qui prennent la maladie plus au sérieux qu’en France. J’ai suivi une thérapie naturelle, interdite en France mais qui a fait ses preuves. J’ai bouleversé mon alimentation, supprimant les produits laitiers, le sucre et le gluten. Depuis, je vais mieux et retrouve une vie quasiment normale.”

Un nouveau regard sur la vie

Vivre avec la maladie de Lyme n’est pas une mince affaire et si le cas de Ludivine semble “léger” et maîtrisé, d’autres malades subissent de plein fouet des effets dévastateurs et lourdement handicapants, certains ne pouvant plus sortir de leur lit, faute d’énergie et perclus de douleurs. Ludivine a su réagir positivement et réajusté sa façon de vivre en conséquence : “J’ai retrouvé un regain d’énergie, je me ressens vivre. Je fais attention a ce que je mange, je ne mange plus de viande car j’ai remarqué que cela augmente les symptômes. Je draine également mon foie régulièrement, je pratique le yoga et la randonnée. Je fais également des thérapies énergétiques et je pense que cela aide. Je pratique la pensée positive. C’est un changement de vie radical mais bénéfique au final, comme un rappel à l’ordre.”
S’il est bien un sentiment que partagent Ludivine et de nombreux malades, c’est le manque de connaissances et de reconnaissance de la part des médecins français. Cette maladie, bien mystérieuse et souvent occultée, est source de souffrances physiques et psychologiques. La solitude et l’incompréhension qui en émanent peuvent être aussi destructeurs que la maladie elle-même. Ludivine a choisi d’en prendre le contre-pied, une solution adoptée également par Françoise notamment qui vit avec Lyme depuis plus de 20 ans. Facile à dire, pas toujours facile à faire, surtout lorsque la douleur vous envahit le corps et vous laisse sans force, et sans plus aucune volonté de vous battre.

Des associations pour vous entendre
De nombreuses associations, de personnes atteintes de la maladie généralement, mais également de médecins, fleurissent partout en France. Si vous êtes concerné par Lyme, de quelque façon que ce soit, pensez à les contacter. Vous y trouverez l’aide et les conseils nécessaires qui vous permettront d’y voir plus clair et d’avancer plus sereinement.
Nous pouvons citer le site : www.francelyme.fr, www.associationlymesansfrontieres.com ou bien encore www.ffmvt.org

La maladie de Lyme est douloureuse et invisible