“I want my money back”

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Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté
Séance prévue houleuse le vendredi 11 octobre au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté DR

La formule de Margaret Thatcher prononcée à Dublin le 30 novembre 1979 a fait le tour du monde. 40 ans après, c’est Alain Joyandet et Jean-Philippe Allenbach qui la reprennent à leur compte en s’adressant à Marie-Guite Dufay, la présidente de la région Bourgogne Franche-Comté.

La région doit rendre l’argent aux contribuables
Alain Joyandet
Alain Joyandet à Marie-Guite Dufay : “I want my money back” DR

Alain Joyandet, chef de file de l’opposition au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté monte au créneau avant la séance plénière du 11 octobre où seront débattus deux rapports émanant de la Cour des Comptes et de la Chambre régionale des comptes. Pour les magistrats de la rue Cambon, la fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté a un coût plus élevé pour les contribuables francs-comtois. Alain Joyandet assène deux chiffres : le montant de l’endettement deux fois plus élevé à Dijon qu’à Besançon et le surcoût annuel estimé à 3.5 millions d’Euros qui reste à la charge des seuls contribuables francs-comtois. L’ancien maire de Vesoul pointe aussi du doigt la dérive des frais de fonctionnement au détriment des investissements d’avenir. Et il ne digère toujours pas l’augmentation de la taxe sur les cartes grises pour la Franche Comté. “I want my money back” lance le sénateur de Haute-Saône à la présidente de région pourtant franc-comtoise.

Le “Mariage forcé” et la dette des Francs-comtois
Jean-Philippe Allenbach
Jean-Philippe Allenbach veut que les Bourguignons remboursent 100 millions d’Euros – photo DR

Jean-Philippe Allenbach, tête de liste du Mouvement Franche-Comté pour les municipales de Besançon, ne décolère pas. Il estimait déjà en 2016 que le “mariage forcé” avec la Bourgogne coûtait 100 millions d’Euros aux Francs-comtois. Le régionaliste se félicite qu’Alain Joyandet reprenne à son compte sa protestation. Il ajoute que les rapports de la Cour des comptes légitiment encore plus son projet municipal pour Besançon. Dans sa campagne, il va exiger d’obtenir réparation pour les 100 millions pris aux Francs-comtois, dont 18 millions d’Euros pour les seuls habitants de la métropole bisontine.

Et Jean-Philippe Allenbach en appelle à un principe général du droit inscrit dans l’article 1240 du Code civil (ancien article 1382) “Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer”. “I want my money back” tance-t-il à Marie-Guite Dufay.

La séance du Conseil régional de ce vendredi 11 octobre sera animée. Peut-être le sujet viendra-t-il sur le terrain des prochaines municipales à Besançon. Aux candidats déclarés et aux futurs prétendants à la mairie de la capitale comtoise d’éclairer la lanterne des bisontins sur l’utilisation de l’argent public.

Yves Quemeneur