Idée de relance des commerces du centre-ville, suite…

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Les problèmes rencontrés par certains commerçants du centre-ville de Pontarlier sont indéniables.

Philippe Ferrari est agé de 63 ans. Il est patron d’un magasin d’instruments de musique et accessoires éponyme, situé à Pontarlier. Alors que sa carrière professionnelle est, comme il en convient lui même, plutôt derrière lui, il s’intéresse néanmoins (c’est le moins qu’on puisse dire..) au devenir de l’ensemble des “petits” commerces locaux.
Pour mémoire, M. Ferrari a entrepris courageusement, depuis l’été 2018, d’importants travaux de recherche et d’études qui visent à contrer ce qu’il dénonce et déplore: la dégradation de la l’activité commerciale locale.
Parti de constatations qui restent “personnelles” et nourri d’informations de certains de ses “contacts”, il s’est lancé dans un travail de fourmi.
Ses efforts lui permettaient de dresser un premier bilan personnel de son travail vers septembre 2018. Son constat de l’époque était qu’il était difficile voir impossible, pour les petits commerçants de lutter contre la déferlante des achats pratiqués par les clients via internet. Forts d’une croissance dite “à deux chiffres”, les géants du e-commerce ont, selon lui, bouleversé les habitudes traditionnelles de consommation, ce que personne ne conteste aujourd’hui. M. Ferrari avait salué à l’époque certaines initiatives telles que celles du “Fonds d’Intervention pour les Services de l’Artisanat et le Commerce ou certaines applications en ligne qui encourageaient le shopping” (NDLR: cf ses propos tenus dans un article de la Presse Pontissalienne n°227 de septembre 2018). Dans ce même article, il avait évoqué une loi qui devait être présentée par le sénateur Martial Bourquin pour taxer les achats effectués à plus de 50 kms de chez soi. S’il la saluait également à cette période, il prévenait déjà que toutes ces mesures lui paraissait insuffisantes et proposait “sa” solution: inciter, par une mesure fiscale importante, l’internaute à venir retirer son achat effectué électroniquement , au magasin, plutôt que se le faire livrer chez lui ou en point relais. Convaincu par sa démonstration et tableau à l’appui, le commerçant souhaiter taper fort, frapper l’opinion et le politique, en proposant pas moins qu’une baisse de 10 points de la TVA pour les achats qui seraient retirés directement en magasin (10 % contre 20% pour les autres achats non retirés en magasin).
Quelques mois plus tard, et estimant avoir fait le tour de la question, M. Ferrari, visiblement fatigué par sa “croisade”, réunissait jeudi 25 avril dernier, des responsables de l’association Commerce Pontarlier Centre, diverses personnalités et les commerçants intéressés par la suite de son projet, pour effectuer un nouveau point de son action.
Après un début de présentation hésitant, car dû à un souci technique, M. Ferrari n’apportait que peu d’éléments susceptibles d’enrichir son discours passé.
Il désignait à nouveau d’entrée les géants, style Amazon, comme pourfendeurs de petits commerçants et gros pollueurs.
Même s’il reprécisait que sa baisse de TVA ne s’appliquerait dans des secteurs géographiques bien déterminés et restrictivement limités (en fonction de la densité urbaine), il se voyait opposer par une commerçante assez fraichement installée à Pontarlier, et riche de diverses expériences professionnelles, qu’une baisse de 10 points de la TVA paraissait illusoire et ne serait, selon elle, jamais consentie par l’Etat.
Un responsable de l’application Teekers développée à Pontarlier ( ) indiquait quant à lui, qu’Amazon, certes en constant développement, ne représentait en réalité que 0,7 % du marché.
Bertrand Guinchard, adjoint au commerce de la ville de Pontarlier, rejoignait M. Ferrari sur certains points qu’il lui avait déjà présentés dès 2018, mais pas sur cette baisse de 10 points de TVA.

Philippe Ferrari réexposait ses constatations passées sur la chute des commerces locaux, comme dans toute la France. Pour en freiner l’augmentation, il préconisait de nouveau d’appliquer ce qu’il nomme “le principe de précaution”, à savoir réduire la circulation en ville et donc la pollution où réside la majorité de la population. Si cette idée est honorable, d’autres lui opposaient qu’il ne fallait peut-être ne pas être obnubilé et s’ouvrir car il était également possible de lutter par d’autres moyens tels que la qualité d’accueil et de service aux clients.
Les démonstrations de l’étude de M. Ferrari sont facilement consultables via le lien suivant, récemment actualisé: https://www.music-selection.fr/en-savoir-plus/le-petit-commerce-de-centre-ville. Elles visent à lutter contre la concurrence d’internet et des zones commerciales, les problèmes de stationnement et la pollution.
Les timides avancées finalement sont que Philippe Ferrari aurait rencontré le matin même de la réunion, M. Le Sous Préfet de Pontarlier auprès duquel il aurait selon lui reçu une écoute attentive. De manière certaine, Mme Annie Genevard, députée de la circonscription, a attiré l’attention de M. Le ministre de l’économie et des finances, par une question écrite, bientôt publiée au Journal Officiel afin de connaitre la position du gouvernement sur cette initiative.
S’il n’est pas faire injure à M. Ferrari que la présentation du projet qu’il porte est perfectible, il ne faut pas oublier que ce projet a le mérite d’exister. Il est à souhaiter pour tous, qu’avec ou sans arrangements, il contribue à faire bouger les lignes.

N’ayant pû assister à la fin de la réunion, M. Bertrand Guinchard, nous a par la suite indiqué que “M. Ferrari avait travaillé sur des chiffres et que le postulat de départ de son étude était reconnu de tous.” Il ajoutait qu’il pensait que,selon lui, “le projet de M. Ferrari n’était pas adaptable partout”. Il lui parait “perfectible” mais se dit prêt à “le soutenir pour l’aider à rencontrer ou rencontrer avec lui les personnes qui pourraient l’aider dans son entreprise”.

Contactée elle ausi, Mme Béatrice Saillard, de l’association Commerce Pontarlier Centre, déclare: “L’idée de M. Ferrari est bonne, mais il doit à mon sens, en réviser la présentation. Je pense qu’il souhaiterait que Pontarlier puisse servir de ville test à son projet qui devrait, pour moi, être porté par des politiques. Le silence du président de la république quant aux problèmes rencontrés par les commerçants dans sa dernière grande allusion télévisée en dit malheureusement long.”