Immigration et emploi : les chiffres pour notre région

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Immigration et emploi en Bourgogne-Franche-Comté : les chiffres officiels.

La Bourgogne-Franche-Comté compte 191 000 immigrés (soit 6,8% de sa population, contre 7,2% en moyenne en France de province), dont 136 500 sont en âge de travailler.

En comparaison aux salariés non-immigrés, ils occupent majoritairement une place d’ouvriers ou bien un poste tout en étant sur-qualifiés. L’INSEE, dans son enquête, constate que leur niveau de qualification augmente. Cependant, avec un haut niveau d’études, ils ont des conditions d’emploi très variables en fonction de leur pays de naissance. En effet, les personnes venues d’Afrique Subsaharienne et d’Europe de l’Est sont fortement impactées par le chômage et les emplois précaires alors que les natifs d’Asie de l’Est ou d’Europe Occidentale ont des caractéristiques d’emploi proches de celles des non-immigrés.
68% des immigrés en âge de travailler occupent un emploi ou en recherchent contre 75% des non-immigrés. 19% des immigrés sont inactifs ou en foyer. Ce pourcentage grimpe à 28% pour les femmes immigrées. Celles qui sont nées en Turquie représentent la part la plus importante (50%), tandis que les femmes venues d’Espagne ou du Portugal ne le sont pas plus que les non-immigrées.

Une part majoritaire d’ouvriers chez les immigrés
La Bourgogne-Franche-Comté est une région historiquement industrielle. 38% des immigrés en emploi sont ouvriers, contre 25% des personnes non-immigrées. C’est le taux le plus élevé de France !Les ouvriers sont particulièrement nombreux parmi les immigrés issus de pays d’immigration ancienne, dont la principale vague a eu lieu avant les années 1980. Originaires d’Europe du Sud, du Maghreb et de Turquie, ils étaient très majoritairement ouvriers dans les années 1980, et le sont encore plus souvent que les autres immigrés. Toutefois, les natifs d’Italie et d’Espagne, dont l’immigration est la plus ancienne, accèdent de plus en plus à des fonctions de cadre, notamment dans l’industrie.

Qualifiés mais déclassés
En 2016, les immigrés en emploi sont en moyenne moins diplômés : 28 % sont titulaires d’un diplôme supérieur contre 34 % des non- immigrés. Néanmoins, les natifs de pays dont l’immigration a commencé plus récemment, à partir des années 2000, sont en moyenne plus diplômés. L’arrivée de ces populations, originaires notamment d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne, a contribué à l’élévation du niveau de qualification moyen des immigrés de la région. En conséquence, ils exercent plus souvent des professions très qualifiées qu’il y a 10 ans. Ainsi, en Bourgogne-Franche-Comté, 21 % des natifs de Roumanie en emploi sont médecins.
Toutefois, les immigrés en emploi occupent généralement des postes pour lesquels ils sont sur-qualifiés. Une tendance bien plus marquée dans cette tranche de la population que chez les non-immigrés. Cela concerne 43% des personnes diplômées. En cause, une non-reconnaissance de diplômes étrangers et une difficulté à accéder à des postes de cadres. A titre d’exemple, 26% des immigrés occupant un poste d’aide-soignant disposent d’un diplôme d’études supérieures. C’est également le cas pour 19% de non-immigrés.

Déf. Immigré : personne née étrangère à l’étranger et résidant en France, qu’elle ait acquis ou non la nationalité française. La qualité d’immigré est permanente. Cette définition se distingue de celle d’étranger : personne n’ayant pas la nationalité française, mais qui peut être née en France. En 2016, la Bourgogne-Franche-Comté compte 191 000 immigrés, parmi lesquels 78 500 ont acquis la nationalité française, et 128 000 étrangers, parmi lesquels 16 300 ne sont pas immigrés.