Interdiction de manifester à Besançon le 12 décembre

397
Pour cet avant-dernier samedi avant Noël, Joël Mathurin a "enfin" pris un arrêté d'interdiction de manifester au centre ville de Besançon ©YQ

Alors que de nombreux élus de la majorité municipale affirmaient encore hier que les manifestations ne perturbaient en rien l’activité des commerces du centre-ville, Joël Mathurin Préfet du Doubs, a pris ce vendredi un arrêté d’interdiction de manifestation.

Dans son communiqué, le Préfet précise avoir été saisi par la CCI du Doubs de cette demande d’arrêté. Joël Mathurin ajoute “Dans le contexte actuel de crise sanitaire qui impacte l’économie et les commerces sur tout le territoire national en raison des deux confinements successifs, les commerçants bisontins ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences possibles sur l’attractivité pour la clientèle, de manifestations au centre-ville de Besançon le samedi après-midi. En effet, la jauge étant déjà limitée en raison du protocole sanitaire en vigueur, et les week-ends du mois de décembre étant très importants en termes de chiffres d’affaires, une baisse de la fréquentation de leurs commerces pourrait renforcer la fragilité de leur situation”.

L’arrêté d’interdiction de manifestation et de rassemblement revendicatif concerne plusieurs rues du centre-ville de Besançon pour ce samedi 12 décembre 2020 : Grande Rue (du pont Battant jusqu’à l’intersection avec la rue de la préfecture, Place et Rue Pasteur, rue du Palais de Justice, rue d’Anvers, Place du Huit Septembre, Place Granvelle et rue de la préfecture (partie adjacente), rue des Granges, rue Bersot, rue Moncey, rue Morand, rue de la République et rue Luc Breton. Étonnement la rue Courbet, pourtant très commerçante et longtemps perturbée par les travaux au siège du Crédit Agricole, n’est pas, à cette heure, incluse dans le périmètre interdit.

La Place de la Révolution demeure autorisée pour un rassemblement statique et le départ d’un éventuel cortège par l’avenue Cusenier. Va-t-on vers un itinéraire empruntant l’avenue Gaulard, le tunnel et la rue Nodier comme aux « meilleures heures » des Gilets Jaunes ?

Toute infraction au présent arrêté sera réprimée, par l’article 431-9 du code pénal, de six mois d’emprisonnement et d’une amende d’un montant de 7 500 euros et par l’article R.644-4 du même code s’agissant des participants, à savoir une amende prévue pour les contraventions de quatrième classe.

Comment vont réagir les manifestants et particulièrement les élus qui participaient encore la semaine dernière à ces manifestations. Le Préfet a pris en compte…un peu tard…l’extrême fragilité des commerces. Mieux vaut tard que jamais !

Yves Quemeneur