Jean-Christophe Bonnard, délégué régional de la Fondation du patrimoine pour la Bourgogne-Franche-Comté

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Jean-Christophe Bonnard dirige la délégation, forte de 3 salariés et d'une cinquantaine de bénévoles.

Bien connue du grand public depuis l’incendie de Notre-Dame de Paris et la création de la Mission Bern, la Fondation du patrimoine agit depuis un quart de siècle dans tous les territoires, ruraux notamment, et défend chaque année des centaines de projets de sauvegarde et de restauration qu’ils soient publics ou privés.

Quel est le rôle de la Fondation du Patrimoine ?

La Fondation du patrimoine a été créée en 1996 pour aider les propriétaires privés ou publics. Nous accompagnons chaque projet pour trouver des financements complémentaires publics et privés afin que notre patrimoine culturel devienne opportunité d’emploi, de découverte, d’éducation et de lien social. Dons, mécénats, aides fiscales, subventions des collectivités, Mission patrimoine portée par Stéphane Bern, jeux de la Française Des Jeux et aides directes de la Fondation sont autant de soutiens mobilisés pour la sauvegarde du patrimoine français.

La souscription publique est-elle l’un des moyens que vous utilisez ?

Oui, l’élan populaire en faveur de la reconstruction de Notre Dame à Paris a été immense. L’organisation d’une collecte de dons est l’outil principal de la Fondation : en effet, elle permet non seulement de drainer des fonds du grand public ou d’entreprises mécènes mais aussi de susciter un élan populaire en faveur du projet et cela crée un effet d’entraînement pour motiver d’autres acteurs publics et privés à participer. Quel que soit le donateur et le montant de sa participation, elle donne droit à une exonération d’impôts de 66 à 75% du montant selon qu’il s’agisse de l’IRPP, de l’IFI ou de l’IS.  Nous en mettons en place des dizaines chaque année en Bourgogne-Franche-Comté pour restaurer un lavoir, une fontaine, une église, un temple, un édifice complet ou même un téléphérique pour descendre du lait et fabriquer du comté… C’est le cas par exemple à Montbenoit pour le financement des travaux de restauration de l’abbaye.

Les particuliers peuvent eux aussi faire appel à vous ?

Dans ce cas, la démarche est différente. Nous intervenons pour la sauvegarde d’un bien privé par le biais d’une demande de label. Nous prenons soin de vérifier le réel intérêt patrimonial du projet et la volonté de sauvegarder l’identité et les caractéristiques patrimoniales préexistantes. L’Architecte des Bâtiments de France est sollicité pour émettre un avis favorable ou non, le cas échéant accompagné de ses recommandations. La décision d’octroi de label est émise par la Fondation et ce n’est qu’après cette date que le propriétaire peut débuter ses travaux qui bénéficieront en partie d’exonérations fiscales.

La mission Bern est-elle en concurrence avec la Fondation ?

Pas du tout et c’est même tout le contraire. La Fondation du patrimoine est l’opérateur de la mission de sauvegarde du patrimoine confiée à Stéphane Bern par le président de la République depuis 2017. Le loto du patrimoine permet de financer une centaine de projets emblématiques chaque année. C’est le cas du Château de Joux cher aux habitants du Haut-Doubs. Cette mission a permis de mettre un peu plus en lumière la volonté des pouvoirs publics de sauvegarder les trésors du passé qui sont présents sur nos territoires et l’attachement des habitants pour ces lieux chargés d’histoire.

Mais, dans le contexte actuel, le patrimoine est-il vraiment une priorité ?

La France renferme un patrimoine d’une richesse et d’une diversité incroyables. Cadre de vie de nos villages et de nos villes, il fait la beauté de la France et la fierté de ceux qui l’habitent. En préservant notre patrimoine, nous transmettons aux générations futures ce que nous avons nous-mêmes reçu en héritage. Aujourd’hui nous nous efforçons de valoriser ces bâtiments en les affectant à de nouvelles fonctions, notamment à des fins culturelles au cœur des territoires. Partout où l’on restaure le patrimoine, on fait revivre des centres-bourgs. Les projets de restauration participent à la création d’emplois non délocalisables dans le bâtiment et le tourisme -1 Euro investi génère 23 Euros d’activité économique- . Ils participent à la formation et à la transmission des savoir-faire de nos artisans.

Comment êtes-vous présent sur le territoire régional ?

La délégation de Bourgogne-Franche-Comté dispose de deux bureaux à Dijon et à Besançon avec trois salariés et un service civique et nous sommes près d’une cinquantaine de délégués bénévoles répartis sur les différents territoires de la région. Des femmes et des hommes tous passionnés et qui donnent de leur temps pour cette belle cause. Avec pour certains des compétences très pointues dans un domaine précis comme celui des moulins, des orgues ou du Moyen-Âge. Ils sont en proximité des collectivités, des associations et des particuliers pour les aider à préserver des lieux et des techniques qui font partie de notre histoire locale.