Jean-Luc Quivogne élu président de la nouvelle Chambre de Commerce et d’Industrie Saône-Doubs le 29 novembre 2021

Le préfet du Doubs, Jean-François Colombet, a officiellement installé les 59 membres élus issus des deux départements et représentant les industriels, les commerçants et les prestataires de services issus des territoires et de toutes les filières d’activité.

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Jean-Luc Quivogne, Président élu le 29 novembre 2021 de la nouvelle CCI Saône-Doubs © Laurent Cheviet
La CCI Saône Doubs pour mieux peser face à la Bourgogne

« Nous sommes dans un projet réfléchi et collectif » avait rassuré Christine-Noëlle Baudin, la présidente par intérim de la CCI du Doubs. « La fusion des deux CCI a été pensée depuis plus de deux ans » souligne la dirigeante de la Société Baumoise de Cartonnages et d’Impression (SBCI) qui pourrait logiquement assumer le poste de vice-présidente dans la nouvelle organisation. Jean-Luc Quivogne sera entouré d’un bureau d’une dizaine de membres d’expérience pour accompagner 2/3 de nouveaux élus.

Doubs et Haute-Saône, un poids économique essentiel pour la Franche-Comté

Les deux départements concentrent 7 entreprises sur 10 en Franche-Comté, soit 29 508 établissements industriels, commerciaux et de services employant plus de 235 000 salariés. Si le Nord Franche-Comté avec le pays de Montbéliard et celui d’Héricourt est fortement industrialisé, le tissu économique des deux territoires diffuse partout et particulièrement dans les zones rurales où PME, commerces et services maintiennent une activité économique florissante au côté de la filière agricole.

La fusion des CCI de Haute-Saône et du Doubs n’est pas une exception. Un rapprochement est en cours entre les chambres consulaires de Côte d’Or et de Saône et Loire. Les CCI Nord et Picardie ont déjà fusionné en une seule chambre. C’est également le cas dans d’autres régions, y compris la région parisienne.

Ce changement est lié aux « coups de rabot » successifs de l’Etat sur les ressources allouées aux chambres consulaires. « En 5 ans, nous avons perdu 50% des subventions allouées par l’Etat » précise Jacques Charlot, directeur général par intérim de la CCI du Doubs. La taxe pour frais de chambre consulaire payée par les entreprises sera limitée à cinq grands domaines d’intervention des Chambres de Commerce et d’Industrie : l’appui spécifique aux entreprises en particulier dans leurs mutations technologiques et écologiques, l’aide aux territoires, l’accompagnement des entreprises à l’exportation et la représentation des entreprises.

Les Chambres de commerce et d’industrie ont également un rôle administratif dans le giron de l’Etat : centre de formalités des entreprises, les CCI doivent également diffuser les politiques publiques et sont l’interlocuteur privilégié des collectivités territoriales sur les sujets économiques.

Le rétrécissement du champ d’intervention des deux CCI Doubs et Haute-Saône va donc nécessiter des économies d’échelle et des mutualisations de services plus importantes. Si la question s’est posée à un moment, Jacques Charlot le confirme « il n’y aura qu’un seul président et qu’un seul directeur général ».

Les priorités de la nouvelle équipe

Les membres du Bureau seront nommés dans les tous prochains jours. Ils veulent porter la voix des entreprises auprès des pouvoirs publics, accentue les relations avec l’Etat et les collectivités territoriales, dynamiser le commerce et développer le tourisme, faciliter les transformations numériques et environnementales et enfin contribuer à la performance des industries locales par l’innovation et l’internationalisation.

Besançon va-t-elle perdre son influence économique avec la fusion ?

La réponse est clairement non, l’a confirmé Jean-Luc Quivogne nouveau Président élu de la CCI Saône Doubs le 29 novembre. Pour le chef d’entreprise Haut-Saônois, leader européen de la production de vérins hydrauliques « la première personne que je vais rencontrer en tant que président de cette nouvelle CCI sera Anne Vignot ainsi que tous les partenaires économiques, sociaux et politiques du territoire », de quoi rassurer la Maire de Besançon qui craignait, dans une récente lettre ouverte, que le centre névralgique de l’économie se déplace vers le Nord Franche-Comté. « Cette fusion va doper Besançon plutôt que de réduire son rôle » ajoutait Jacques Charlot. La CCI Saône-Doubs aura bien son siège opérationnel à Besançon Avenue Villarceau et des antennes à Gray, Lure, Montbéliard, Pontarlier et Vesoul.

Pour la nouvelle équipe qui pilotera l’action économique des deux départements, « les valeurs essentielles sont l’écoute, la proximité, le partenariat pour une meilleure efficacité et réactivité avec des résultats concrets à court et moyen terme ». Les élus seront accompagnés de 80 collaboratrices et collaborateurs gérant un budget de 8,8 millions d’euros.

Transmission et financement des entreprises

Le nouvel exécutif de la Chambre de Commerce Saône-Doubs va devoir s’atteler à un chantier de taille : accompagner les services de l’Etat et des collectivités territoriales dans la transmission et la reprise des entreprises. Beaucoup de dirigeants, issus du baby-boom, arrivent à la fin de leur carrière de chefs d’entreprise. La vente, la cession, la transmission des patrimoines industriels et commerciaux commandent l’avenir de tout le tissu économique et social de la région. Dans les missions de la CCI, la formation tient également un rôle important. « L’école des managers de Franche-Comté » implantée à Vesoul et « l’IMEA » dont le siège est à Besançon qui forme 300 étudiants, apprentis et stagiaires chaque année pour assurer le relais des cadres et dirigeants des PME de la région. « L’esprit d’entreprise se développe de plus en plus auprès des étudiants » note Jacques Charlot. La CCI Saône Doubs a une action de mise en contact des candidats repreneurs avec les cédants.

Sur l’aspect financement des entreprises, la CCI intervient comme intermédiaire dans la mise en relation entre financeurs et dirigeants d’entreprises. « On n’a plus les moyens d’aller au-delà ». C’est le rôle de « La Place financière de Bourgogne Franche-Comté », une association créée en 2017 pour fédérer tous les financeurs et les organismes institutionnels et favoriser le développement des entreprises de la région. L’association est présidée par Bernard Streit, dirigeant du groupe Delfingen, une PME familiale implantée historiquement à Anteuil dans le Doubs, devenue un fleuron de l’industrie française.

Le nouvel exécutif de la Chambre de Commerce et d’Industrie Saône-Doubs
Une grande partie des 59 élus à la nouvelle CCI Saône-Doubs étaient présents le 29 novembre au siège de Besançon – Photo Laurent CHEVIET

Le conseil d’administration a été installé le lundi 29 novembre. Il comprend 59 membres et est présidé par Jean-Luc Quivogne, PDG de la société d’applications hydrauliques de Gevigney (70). Le leader européen de la fabrication de vérins hydrauliques a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros avec 800 collaborateurs répartis sur 5 sites en France. L’entreprise, créée en 1981, assure 85% de son activité à l’export. A la tête de l’entreprise familiale ancrée dans son territoire haut-saônois,  Jean-Luc Quivogne a déjà confié le pilotage de la société à son fils Pierre-Antoine pour lui permettre de se consacrer efficacement à la gouvernance de la CCI Saône-Doubs.

La vice-présidence de la nouvelle Chambre consulaire devrait revenir à Christine-Noëlle Baudin, dirigeante de la SBCI à Baume-les-Dames, entreprise spécialisée dans les emballages en carton.

La CCI, souvent considérée comme une extension des services publics, jouit auprès des entreprises d’une très bonne image. Depuis 2020 et la crise sanitaire, son utilité auprès des pouvoirs publics a été encore démontrée dans l’accompagnement des chefs d’entreprise à surmonter la crise économique liée à la pandémie.

Yves Quemeneur

 

+ d’infos

Dans le Doubs, on compte 9 500 entreprises de services, 4 000 entreprises industrielles et 7 500 commerces. En Haute-Saône, ce sont 3 422 entreprises de services, 2 013 entreprises industrielles et 3 073 commerces.