Jean-Maurice Boillon, président de la fédération de chasse du Doubs

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Un million de personnes pratiquent la chasse en France, elle doit rester durable et ne pas nuire à la biodiversité.

Alors que la saison reprend le dimanche 12 septembre, Jean-Maurice Boillot fait le point sur la chasse dans le département et évoque plusieurs sujets toujours très présents dans l’actualité dont celui très polémique de l’image des chasseurs.

Que représente aujourd’hui la chasse dans le Doubs ?

Nous comptons 7800 chasseurs dans le département du Doubs, un chiffre encourageant puisque la tendance qui était à la baisse ces derniers années semblent se stabiliser voire augmenter légèrement. C’est une activité qui est socialement acceptable c’est-à-dire financièrement accessible de sorte que l’on retrouve dans nos rangs des gens issus de toutes les catégories socio-professionnelles. Concernant les âges, nous avons des jeunes accompagnés dès l’âge de 15 ans et d’autres pratiquants qui ont jusqu’à 90 ans. L’évolution notoire, c’est l’arrivée de plus en plus importante de femmes qui représentent aujourd’hui 5% des effectifs. Globalement, nous sommes sur une dynamique qui nous satisfait et nous permet de voir l’avenir sereinement.

A-t-elle finalement encore une raison d’être ?

Elle est très utile. Avant tout pour une question d’équilibre de densité des animaux sauvages dans la nature. Il est impératif de réguler certaines espèces dont le développement est trop important et fait qu’elles pourraient devenir envahissantes donc dangereuses en termes, par exemple, de sécurité routière ou de santé publique. Il faut bien comprendre aussi que la chasse a un rôle essentiel à jouer sur la biodiversité. Notre intervention permet là aussi d’apporter un équilibre. La chasse n’est pas contre-nature, elle est utile à la nature ! Poser la question de la raison d’être, c’est sous-entendre qu’elle ne devrait pas exister. 1 million de personnes pratiquent la chasse en France, elle doit rester durable et ne pas nuire à la biodiversité et c’est bien le contraire qui se produit. Les chasseurs du Doubs investissent dans la restauration de la nature bien plus que beaucoup d’autres organismes qui ne font qu’en parler.

Pourquoi traine-t-elle, cette image de violence ?

On la fait passer pour une activité violente car certes au final il y a la mort d’animaux. Le résultat est le même quand un lynx prélève lui aussi un chevreuil dans la nature mais lui serait un gentil prédateur alors que le chasseur est un assassin ? Je le répète, la régulation des espèces est indispensable, qu’elle soit naturelle via une autre espèce ou due à l’intervention humaine. Question sécurité, nous avons aussi effectué beaucoup de travail, dans le Doubs en particulier en formant obligatoirement nos chasseurs sur cette problématique ou encore en travaillant en bonne intelligence avec les autres usagers de la nature. C’est cette approche pédagogique et ce dialogue à laquelle nous tenons. De plus ce sont ses détracteurs qui diffusent cette image, juste pour nuire ! La Fédération Nationale des Chasseurs a organisé une manifestation virtuelle pour défendre notre passion, résultat plus de 380 000 participants. Les opposants à la chasse ont tenté la leur, 37 000 participants, soit 10 fois moins !

Est-ce quand même une pratique dangereuse ?

Il y a des accidents comme dans toutes les activités de pleine nature sauf que la chasse est à mon sens, stigmatisée systématiquement et les chasseurs harcelés par des opposants très virulents. Qu’il s’agisse de la presse dans sa grande majorité ou des réseaux sociaux, nous nous estimons victimes d’un « chasse-bashing » qui aboutit à de multiples agressions souvent verbales mais parfois aussi physiques. Plutôt que la surenchère, nous avons choisi à la fédération et dans les associations communales de faire découvrir la chasse à ceux qui trop souvent la critique sans la connaitre : il y a toujours le dimanche à la chasse en octobre et d’autres animations culturelles pour la faire découvrir au travers des expériences d’artistes comme Courbet ou Pergaud. C’est important de connaitre une activité avant de la critiquer par principe.