Jeep Compass : nouvelle feuille de route

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Le nouveau souffle offert à Jeep par le Renegade a donné des idées et des ambitions au constructeur américain qui devrait l’être l’une des pierres angulaires de la nouvelle stratégie du groupe Fiat dans les années à venir. Après des débuts remarqués, le Compass prend ainsi le chemin de l’hybridation et se présente avec une offre des plus complètes.

Nous sommes en 2006, le raz-de-marée des SUV n’est encore qu’une petite vaguelette, mais Jeep sent déjà bien le vent tourner et propose le Compass pour essayer de devancer l’air d’un temps qui est en train de changer. Hélas, peut-être parce qu’il est arrivé trop tôt ou parce que la proposition n’était pas entièrement convaincante, le crossover n’a pas trouvé son public et a disparu corps et biens par la suite. Treize ans plus tard, l’environnement n’est plus du tout le même et les mœurs automobiles ont connu de nombreux bouleversements. Dans ce joyeux désordre, qui voit naître un SUV à peu près toutes les nanosecondes, il est toujours utile d’avoir une boussole. Et qui mieux que Jeep, qui a bâti sa légende sur des modèles s’apparentant très bien aujourd’hui au genre en vogue, peut faire office de phare ? C’est en tout cas ce que souhaite le constructeur américain, qui a déjà frappé un grand coup avec le Renegade, SUV compact au succès fulgurant, et qui compte, depuis 2017, sur une nouvelle génération du Compass. Le séduisant Crossover se dévoile aujourd’hui en une version novatrice reposant sur un moteur hybride rechargeable et une transmission intégrale comme seule Jeep sait en faire.

Élégante boussole

Pour mémoire, Jeep est parti d’une page entièrement vierge au moment de concevoir ce nouveau Compass. Celui-ci s’affiche aujourd’hui comme un Grand Cherokee miniaturisé. On a connu ascendance moins glorieuse. Cette filiation, qui se retrouve évidemment dans les lignes, est tellement assumée qu’il sera fréquent de confondre les deux modèles de face, surtout en luxueuse finition Limited, la déclinaison baroudeuse, avec sa garde au sol rehaussée, ses sabots de protection et la transmission intégrale marquant sa différence. On retrouve ainsi la calandre « signature » de la marque, avec ses sept carrés caractéristiques, ainsi que les passages de roues typiques et le toit au ton différent de celui du reste du véhicule.
La plateforme technique, elle, est celle du Renegade. Elle a été rallongée de 8 cm pour offrir un empattement satisfaisant. Ainsi structuré, le Compass mesure 4,39 m, ce qui le met au même niveau que le Nissan Qashqai ou le Seat Ateca, mais il est moins grand que le Peugeot 3008, le Kia Sportage ou le VW Tiguan. Même s’il fait partie des « petits » SUV de son segment, le Compass a profité du travail soigné des ingénieurs qui ont réussi à dégager une belle habitabilité. Les places arrière sont généreuses et même la place centrale reste confortable. Le coffre varie de 368 à 438 l, dans la moyenne de la catégorie.

Le bon cap

Contrairement au Renegade qui affichait un parti pris intérieur détonnant, le Compass mise sur une sobriété très germanique. Aucune excentricité ne pointe le bout de son jerrican et l’on doit se satisfaire d’une présentation parfaitement maîtrisée, qui manque un peu d’originalité. L’ensemble est toutefois très bien assemblé et les matériaux utilisés sont à la hauteur des attentes les plus exigeantes, avec des plastiques moussés et des inserts chromés valorisants. L’écran tactile, qui matérialise le cœur technologique du Compass, trône en bonne place sur la console centrale et, à l’usage, on se rend bien compte des progrès réalisés par Jeep en termes d’ergonomie des commandes et de simplicité d’utilisation. On retrouve évidemment toutes les fonctionnalités d’un SUV moderne, du système Android / Apple aux aides à la conduite en tout genre (surveillance des angles morts, radar de stationnement avant, caméra de recul avec affichage dynamique, stationnement semi-automatique, etc.) en passant par les sièges chauffants, le hayon motorisé, le régulateur adaptatif, le démarrage sans clef ou encore le démarrage en côte. Petite mention spéciale pour le système audio Beats en option qui est un pur régal pour les oreilles. Outre des moteurs qui n’ont plus rien à prouver – deux blocs essence 1,4 de 140 ch et 170 ch ainsi que trois Diesel, un 1,6 l de 120 ch et des 2 l de 140 ch et 170 ch –, le Compass s’apprête donc à proposer une motorisation hybride rechargeable reposant sur un 4-cylindres essence turbo 1,3 l associé à un moteur électrique situé sur l’essieu arrière. Jeep a ainsi réussi à mettre au point une transmission intégrale électrique eAWD particulièrement efficace grâce au couple du moteur électrique, la puissance totale étant portée à 240 ch pour un 0 à 100 km/h avalé en 7 s. Ainsi doté, le Compass dispose d’une autonomie en tout électrique de 50 km. Avec ce nouveau bloc, dont les tarifs débutent à 24 950 € et culminent à 41 650€, le SUV américain propose une offre complète parfaitement dans l’air du temps.

Fiche technique 1,4 l MultiAir 140 4×2

Longueur : 4,39 m x 1,82 m x 2,64 m
Volume de coffre : 438 l
Réservoir : 60 l
Moteur : 4-cylindres essence
Cylindrée : 1 368 cm3
Puissance : 140 ch
Couple : 230 Nm
Poids : 1 430 kg
0 à 100 km/h : 9,9 s
Vitesse max. : 192 km/h
Consommations mixtes : 6,2 l Émissions de CO2 : 143 g/km
Malus : 690 €