Jurons mais un peu tard qu’on ne nous y reprendra plus !

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Les vacances arrivent. Avec elles les
bouchons, les embouteillages, les
tire-bouchons, le rosé et bison futé en embuscade. Et l‘efflorescence des jurons.

Les mieux éduqués, les plus distingués, vont nous vomir des torrents de « connard ! » par leur fenêtre entrebâillée. Peut mieux faire ! Cette rubrique aimerait protéger la biodiversité de la langue et lui garder sa fraîcheur. Sans nuire à sa verdeur.

Je vous propose…

A qui vous fait une queue de poisson : bigre ! Bigre est la forme adoucie de bougre qui
jadis désignait un homosexuel. Aujourd’hui les homos ont acquis droit de cité et le côté
outrageant de bigre s’est évaporé. C’est à tel point que je vous conseille plutôt : bigre de bigre ! Le renfort est préférable.

Aux camions qui se doublent à l’infini parce qu’ils vont à la même vitesse : palsambleu ! Version euphémique de « par le sang de Dieu ! », la formule traduit une aigreur ressentie bien adaptée aux dépassements de l’homme par l’homme.

Au radar qui vous flashe en excès de vitesse : nom d’une pipe ! Voilà qui permet d’esquiver le blasphème. C’est très commode pour les croyants et ça ne nuit en rien aux mécréants.

Aux ralentissements imposés par un pic de pollution : saperlipopette ! Dérivé lointain de sacristie, passé ensuite par sapristi avant que la lipopette n’ait le mot de la fin. Si vous êtes au Québec conservez l’original : Sacristie ! auquel vous pouvez ajouter l’aristocratique et propret : Tabernacle !

Fidèles lecteurs j’espère vous avoir dépannés en vous évitant les : enfoiré ! putain de merde ! va te chier gros con ! qui, certes, restent très utiles mais sont du plus mauvais effet à la fin d’une rubrique bien tenue.