La chaleur est synonyme de noyade

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Les sapeurs-pompiers du Doubs insistent sur la prudence à respecter sur les bords de rivières ou de lacs. Le Doubs est particulièrement dangereux comme l’a démontré la noyade d’un jeune afghan la semaine dernière.

Il est strictement interdit de se baigner dans les lacs et rivières du département, hors des zones de baignades autorisées et surveillées. Le risque de noyade est permanent particulièrement pendant les périodes de fortes chaleurs. Sauter dans l’eau après une exposition au soleil et un pique-nique arrosé peut être fatal, quelle que soit la condition physique ou l’âge.

Les rivières du département sont « apparemment » des cours d’eau calmes dans la plaine. Pourtant, elles recèlent de multiples pièges pour des baigneurs qui y risquent leur vie : les courants forts à certains endroits créent des tourbillons qui entraînent le nageur au fond ; des rochers ou troncs d’arbres rendus invisibles par l’opacité de l’eau sont autant d’obstacles pour les nageurs et les plongeurs.

Un malaise peut survenir dans l’eau hors surveillance. La victime ne peut donc être prise en charge rapidement et les conséquences sont dramatiques. Comme cela a été le cas la semaine dernière, le jeune afghan a disparu brutalement sous l’eau et malgré l’intervention rapide des secours, il a fallu une heure pour retrouver son corps sans vie, même avec peu de fond !

Quelques messages de prévention des sapeurs-pompiers du Doubs

Toujours prévenir un proche avant d’aller se baigner, ne jamais surestimer sa condition physique, ne pas entrer dans l’eau brutalement par temps chaud après une exposition au soleil, ne pas consommer d’alcool avant de se baigner. Il est inconscient de sauter ou plonger d’un pont ou d’un point haut, la hauteur de l’eau et les obstacles immergés sont autant de pièges mortels. Les sapeurs-pompiers insistent enfin à privilégier les zones de baignade surveillées.

Un français sur 5 ne sait pas nager

Apprendre à nager, même pour les adultes, est un impératif. Les sapeurs-pompiers du Doubs effectuent en moyenne par an une trentaine d’opérations de secours pour noyade, notamment en été. En 2020, ils sont intervenus 25 fois pour noyades (dont 17 sur les trois mois d’été) ; 92% de ces interventions ont eu lieu en milieu naturel dont 30% de décès.

Le SDIS du Doubs compte 69 spécialistes nautiques (dont 34 sauveteurs et 35 plongeurs), 2 spécialistes cynotechniques et un opérateur de drone. En France, on compte environ 1 000 décès par noyade chaque année.

A Besançon, terrasses arrosées et chaleur nocturne sont devenues des lieux de défi sur Snapchat et Youtube autour du pont Battant. La noyade d’un ami n’est pas le meilleur moyen pour se dégriser d’une soirée trop alcoolisée.

Yves Quemeneur