La démocratie est en berne

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Inscription sur les listes électorales
"Voter c'est un droit, c'est aussi un devoir civique"

Les commentateurs et éditorialistes politiques ont parlé de « désastre démocratique ». Ce désastre est le résultat d’une classe politique qui se complaît depuis 40 ans dans des résultats de moins en moins légitimes.

Je ne fais pas de procès en légitimité des élections, puisque le système électoral est ainsi fait que celui ou celle qui ne vote pas a juridiquement tort…mais tout de même !

La participation aux élections municipales, pourtant scrutin local généralement plébiscité par les électeurs, n’a cessé de diminuer. L’abstention était de 21.6% en 1983, elle a régulièrement progressé pour atteindre 36.45% en 2014 et, pandémie oblige, exploser à 55.4% en 2020. A quelle légitimité réelle peut prétendre un exécutif élu avec si peu d’électeurs ?

De même aux législatives, l’abstention est passée de 30.8% en 1993 à 51.3% en 2017. Seule l’élection présidentielle échappe à cette règle, encore que l’abstention ait là aussi progressé passant de 16.2% en 2007 à 21.3% en 2017.

Depuis hier soir, tous les partis politiques, toutes tendances confondues, « font la leçon » aux électeurs absents des bureaux de vote. N’avaient-ils pas les uns et les autres, la solution pour retrouver le chemin des urnes ? La constitution de 58 a été élaborée sur les ruines politiques de la 4ème République. Pour les rédacteurs de la constitution, il s’agissait de trouver un système qui stabilise le régime et évite des renversements de gouvernement chaque semaine ! Plus de 60 ans après, il est temps de laisser la place beaucoup plus largement à la proportionnelle (y compris aux régionales) et d’éviter une prime à celle ou celui qui fait le « moins mauvais score » !

Christine Bouquin va-t-elle garder le Doubs ?

Les résultats seront serrés au soir du 27 juin. Si la présidente sortante a été largement réélue au premier tour dans son canton de Maîche avec 71%, c’est le binôme des sortants Jacqueline Cuenot-Stadler et Denis Leroux qui réalise le meilleur score à Morteau à 81%. Beatrix Loizon (Ornans) est réélue avec 55% et une participation largement supérieure à la moyenne comme Philippe Alpy, le Maire de Frasne qui obtient le même score.

Côté opposition, Raphaël Krucien (Besançon 6) loupe de peu son élection au premier tour dans le canton autrefois détenu par Claude Jeannerot. Frédéric Barbier devrait conserver son siège dans le canton de Valentigney comme Claude Dallavalle dans le canton de Baume-les-Dames et Magali Duvernois à Bethoncourt.

Sur les 19 cantons du département, Christine Bouquin doit donc en gagner 10 pour repartir pour un second mandat de six ans. Quatre binômes de conseillers départementaux sont d’ores et déjà élus ou réélus (Christine Bouquin, Béatrix Loizon, Philippe Alpy et Denis Leroux). La Présidente sortante est en situation plutôt favorable dans quatre cantons, il lui reste donc à mobiliser les abstentionnistes pour le second tour….ce que ne manqueront pas de faire également ses opposants.

Côté régionales, Denis Thuriot (LREM) a encore indiqué ce lundi matin sa volonté de se maintenir au second tour malgré un résultat décevant (11.69% des bulletins exprimés). Marie-Guite Dufay est en passe de réaliser l’union de la gauche avec la France Insoumise de Bastien Faudot (4.5%) et Europe Ecologie les Verts de Stéphanie Modde (10.34%). Favorite au virage du premier tour, la Présidente sortante du conseil régional risque d’avoir une majorité difficile à gouverner ! Comment va-t-elle par exemple faire passer la pilule de l’aménagement de la RN 57 à Besançon à ses alliés EELV ?

« I’have a dream » oui je rêve ! Si le taux d’abstention devait être aussi haut au soir du 27 juin, j’imagine l’acte de courage d’une liste régionale ou départementale élue, démissionnant en masse pour démontrer son manque de légitimité…ça aurait de la gueule !

Yves Quemeneur