La dernière vague

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Qu’allons-nous faire cet été ? Où partir ? Dans quelles conditions ?

Alors que la troisième vient seulement de refluer, déjà le spectre d’une quatrième vague nous oppresse, nous inquiète, nous angoisse. Parasitant nos projets, annihilant nos intentions vacancières, nos désirs d’insouciance et nos perspectives d’exaltation.

Sera-ce la dernière ? Faut-il céder à cette crainte et laisser cette appréhension gâcher le peu de temps qui nous sera accordé à pouvoir vivre enfin, pour quelques semaines au moins, seulement ce que nous souhaitons faire de notre existence ?

L’ombre du variant Delta plane sur nos pensées et entrave nos idéaux.

Comment s’en libérer ?

D’abord en ayant conscience qu’au point où nous sommes arrivés, avec une couverture vaccinale complète avoisinant la moitié de notre population (notamment les plus fragiles), sans compter sur les 6 millions d’individus qui ont déjà été contaminés, une nouvelle hausse du nombre de cas positifs ne devrait plus alarmer.

Et pour cause, comme l’explique la majorité des infectiologues :

« L’exemple britannique démontre que grâce à la vaccination, il n’existe plus forcément de corrélation entre le nombre de cas et les données hospitalières. En somme, ce n’est pas parce que les contaminations remontent que les services hospitaliers vont de nouveau se retrouver débordés ».

Concrètement, outre-Manche, l’augmentation hebdomadaire de 70% des cas positifs en moyenne, ne se traduit « que » par 11% d’hospitalisations supplémentaires par semaine.

Il n’y a donc plus, et il ne devrait plus y avoir d’explosion ingérable des admissions.

Voilà qui s’avère rassurant et devrait nous permettre de tempérer certains gros titres catastrophiques…

Car si danger majeur il y a, probablement faut-il plus le chercher (et y remédier rapidement), dans les fractures qui ne cessent de se créer entre les différents clans d’une société de plus en plus clivée, radicalisée, arc-boutée sur des idéologies péremptoires et un compréhensible sentiment de défiance. A commencer par celle qui est en train d’émerger très clairement, car encouragée, pour ne pas dire orchestrée, par le pouvoir politique, entre les vaccinés et les non-vaccinés…

Or, vraisemblablement, ces heurts prévisibles risquent de provoquer bien plus de dégâts que le virus.

Mais comme toujours, chacun prendra sa part de responsabilité, et poursuivra son aventure humaine avec son baluchon d’actes et d’opinions.

Pendant ce temps-là, le principe de réalité, lui, accomplira pleinement son devoir…

Cyril Kempfer