La forêt et le quartier Saint-Pierre au coeur du conseil municipal

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Le quartier Saint-Pierre en projet jusqu'en 2024

Trois mois après le dernier conseil municipal, les élus de la Ville de Pontarlier se sont retrouvés lundi 27 septembre à la salle Paul Robbe. L’occasion notamment de débattre sur l’évolution de l’aménagement du quartier Saint-Pierre et de la motion à l’encontre du contrat Etat-Région concernant la gestion des forêts.

Heureux de retrouver les élus pour une séance à nouveau presque « normale », le maire de la ville Patrick Genre a d’abord ouvert la séance avec la présence de deux représentantes de Territoire 25, concernant l’évolution du quartier Saint-Pierre, Caroline Dubois et Laurence Deffeuille.

Un quartier livré dans sa globalité en 2024

Côté circulation, la rue des abattoirs conservera son double sens. L’objectif de ce choix : éviter de dévier les flux à l’intérieur du quartier qui se veut le plus écologique possible, notamment sur la rue du Capitaine Bulle, qui elle sera à sens unique. Sur cette portion, une piste cyclable sera installée en double sens. 

Circuler signifie aussi se garer. Une quinzaine de nouvelles places de stationnement seront disponibles, toujours rue des abattoirs. Chaque programme immobilier aura son lot de places. La place Zarautz, celle du Temple devraient être reliées au quartier, par des aménagements légers comme une signalisation au sol, pour gagner encore plus d’espacess. Alors que le lot H1 devrait aussi être terminé en janvier 2022, le lot H2 débutera le mois prochain. Sur le lot H7, l’entreprise Pellegrini s’est désistée pour le chantier, repris par Immoxalis et son projet de résidence plus écologique. Le quartier, dans sa globalité, devrait être livré pour 2024.

Une résidence seniors dans l’ombre de cet aménagement

Dans cette présentation, l’opposition a relevé plusieurs problématiques : « L’espace entre la résidence seniors et le lot H1 et cinq mètres, ce qui va privé d’ensoleillement les résidents, leur offrant une superbe vue… sur un mur. A l’heure où nous parlons de leur bien-être, c’est une belle perspective… », explique Gilles Frenois. Un point regrettable selon Jean-Marc Grosjean, premier adjoint. « La résidence seniors n’est pas dans le projet Territoire 25, donc les architectes sont différents, c’est vrai qu’ils auraient se concerter avant de faire ces constructions, c’est un point assez délicat. Pour autant, selon la loi, cette distance est réglementée et autorisée. »

Deuxième point pour l’opposition, « maintenir la circulation à double sens rue des abattoirs signifie qu’il n’y aura pas de mobilité douce. De plus, le passage de véhicules va augmenter sur les rues aux alentours du nouveau quartier et la sûreté doit être maintenue », poursuit Gilles Frenois. La majorité elle, se défend en assurant que tout a été réfléchi pour maintenir sécurité et écologie. « On ne pourra pas mettre du cyclable partout, notre volonté c’est de donner la priorité à la sécurité donc faire passer les vélos a l’intérieur de l’îlot Saint-Pierre, et le sens unique de la rue du Capitaine Bulle sera modérée grâce a des ralentisseurs ». Aucune mobilité motorisée ne sera autorisée au centre de l’îlot Saint-Pierre. 

Un contrat Etat-ONF « destructeur »

L’autre point sensible du conseil, c’est la motion concernant le futur contrat Etat-ONF 2021/2025. Le conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF), gestionnaire de la forêt publique, a adopté vendredi 2 juillet 2021, avec la marge la plus réduite possible le projet de contrat 2021-2025 proposé par l’État. Alors que la forêt est gravement touchée par le changement climatique, fragilisée par la sécheresse et les attaques d’insectes (scolytes), ce plan prévoit la suppression de près de 500 postes d’agents de l’ONF sur 8.400 dans les cinq ans mais aussi une augmentation de participation financière des communes au fonctionnement de l’ONF à compter de 2023.

« L’ONF est en difficulté, des charges extérieures à sa mission première plomberaient ses finances, selon l’État », explique Daniel Defrasne, élu en charge de l’eau, la forêt, la voirie, et l’entretien du patrimoine. La participation des communes au financement de l’organisme passerait à 44 000€ dans 3 ans. Une situation qui ne satisfait quasiment aucune commune, puisque dans la Région 170 d’entre-elles ont déjà signé cette motion. « Les revenus financiers de la forêt ont disparu du porte monnaie des communes. La situation est tendue pour tout le monde. La forêt souffre, elle a besoin de travaux, de soins pour être aménagée », poursuit Daniel Defrasne. Mais pas au détriment de l’ONF, ni du budget des communes. « Derrière ce contrat, il y a une volonté de détruire l’ONF sur le fond, avec pour argument l’écologie. On veut asphyxier les communes, en les rendant simplement exécuteurs des volontés de l’Etat », renchérit Julien Toulet.

Cette motion présentée sur tout le territoire nationale par les COFOR, a été votée à l’unanimité à Pontarlier. 

Martin SAUSSARD