La Franche-Comté reste une petite région

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Pour la 14ème année, l’INSEE publie les résultats du recensement national. Celui de 2019 est basé sur les années de recensement de 2015 à 2019 et l’année médiane de 2017.

Quelle population

Le terme générique de “population légale” regroupe, pour chaque commune, la population municipale, c’est-à-dire les personnes ayant leur résidence habituelle ou vivant en communautés sur le territoire de la commune (en internats, en gendarmeries, en institutions religieuses, maisons de retraite ou encore en prison…), les personnes sans abri recensées sur la commune et enfin les “gens du voyage” résidant habituellement dans la commune recensée. L’INSEE y ajoute la population dont la résidence habituelle est dans une autre commune (des étudiants majeurs ou des militaires par exemple). L’usage statistique prend en compte essentiellement la population municipale. Elle sert de base pour les élections (nombre de sièges) et surtout pour le calcul de la DGF (Dotation globale de fonctionnement), élément essentiel pour les finances communales.

2 811 423 habitants en Bourgogne Franche-Comté au 1er janvier 2017

La population régionale a perdu près de 5 400 habitants sur la période 2012-2017 avec de fortes variations. Si la Côte d’Or et le département du Doubs conservent une bonne dynamique démographique, tous les autres départements voient leur population diminuer. Dans l’ancienne Bourgogne, La Nièvre et l’Yonne tirent les statistiques régionales vers le bas avec une perte respectivement de 9 600 et 3 600 habitants. En Franche-Comté, la Haute-Saône retrouve un niveau inférieur à 2007 malgré une légère embellie sur le recensement de 2012. Sur 10 ans, le Territoire de Belfort reste stable.

La Franche-Comté en demi-teinte

La ville de Besançon a perdu 1 900 habitants depuis 2007 mais Grand Besançon Métropole en gagnait 4 000 sur la même période. La tendance est la même à Montbéliard qui voit également la population de son agglomération diminuer de près de 3 000 habitants. Malgré la proximité de la Suisse, Pontarlier et son agglomération plafonne à 27 000 habitants, au même niveau qu’en 2007. Morteau et Le Valdahon tirent leur épingle du jeu grâce aux frontaliers d’une part et au développement industriel d’autre part.

Dans le Jura, Dole et son agglomération restent stables, gagnant en 5 ans 726 habitants à 54 425 habitants. Lons le Saunier reste stable sur la même période à 34 314 habitants (17 291 habitants sur Lons Ville). On désespère de Saint Claude qui voit sa population passer sous la barre des 10 000 habitants (9 279). Enfin, proximité de la Suisse oblige, Les Rousses augmente sa population de 3% entre 2012 et 2017.

En Haute-Saône, toutes les communes de plus de 3 500 habitants sont en perdition. L’agglomération vésulienne a perdu près de 600 habitants en 5 ans. L’activité industrielle avait bénéficié à Lure en 2012 retrouve son niveau de 2007.

Enfin, la ville de Belfort décroche complètement. Elle perd 2 446 habitants (47 656 habitants en 2017) sans effet sur l’agglomération qui retrouve elle aussi son niveau de 2007 avec 103 741 habitants.

Les symptômes d’une fracture territoriale

Le solde naturel (naissances/décès) n’est pas favorable dans des départements plutôt ruraux où la population est vieillissante. L’activité industrielle ne permet pas une migration positive dans les départements francs-comtois. La zone frontalière demeure dynamique. Des statistiques démographiques en demi-teinte donc, que les candidats dans les différentes agglomérations devront prendre en compte. La Bourgogne Franche-Comté, 4ème région en superficie reste l’avant-dernière en population. Si l’urbanisation reste le moteur de la croissance, les zones rurales ne devront pas être laissées à l’abandon.

Yves Quemeneur